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Restitution des biens culturels

Une loi française ravive l’espoir au Bénin

Une loi française ravive l’espoir au Bénin

Le Sénat français a franchi un cap décisif en adoptant, à l’unanimité, une loi-cadre facilitant la restitution des biens culturels spoliés, notamment en Afrique. Pour le Bénin, engagé depuis une décennie dans la reconquête de son patrimoine, cette avancée ouvre de nouvelles perspectives de réparation historique et culturelle.

Réunis le mercredi 28 janvier 2026, les sénateurs français ont adopté une loi inédite visant à simplifier et accélérer la restitution des biens culturels conservés dans les collections publiques françaises. Cette législation, saluée par les pays africains demandeurs, marque une rupture avec les lourdeurs administratives qui freinaient jusque-là le retour des œuvres pillées durant la période coloniale.

Une avancée juridique majeure

Jusqu’à présent, chaque restitution nécessitait une loi spécifique, soumise à un long parcours parlementaire. La nouvelle loi-cadre permet désormais de déroger au principe d’inaliénabilité des collections publiques françaises sans repasser systématiquement devant le Parlement. Une évolution déterminante, selon l’historienne de l’art Marie-Cécile Zinsou, qui rappelle qu’« auparavant, il fallait une loi pour chaque objet demandé, ce qui rendait les procédures particulièrement lentes et complexes ».

Des comités scientifiques pour un dialogue équilibré

Le texte prévoit également la mise en place de comités scientifiques mixtes, composés de chercheurs français et de spécialistes issus des pays demandeurs. Cette approche collaborative vise à garantir la transparence, la rigueur scientifique et le respect mutuel dans l’examen des dossiers de restitution. Pour des États comme le Bénin, il s’agit d’un cadre institutionnel propice à la formulation de nouvelles demandes de retour d’objets emblématiques de leur histoire.

Un cadre historique bien défini

La loi concerne les biens culturels acquis de manière illégitime entre 1815 et 1972, une période clé dans l’histoire coloniale et dans l’évolution du droit patrimonial en France. Ce choix temporel permet de couvrir l’essentiel des spoliations liées aux conquêtes coloniales, tout en s’inscrivant dans une logique juridique cohérente.

Le Bénin, acteur central de la dynamique de restitution

Dès 2016, le Bénin s’est engagé officiellement dans une démarche de restitution de ses biens culturels emportés lors de la conquête coloniale. Cette volonté a abouti, en 2021, au retour historique de 26 trésors royaux d’Abomey. Aujourd’hui, les autorités béninoises ambitionnent d’aller plus loin, notamment avec la restitution de la statue du Vodun Gou, actuellement conservée au musée du Louvre, ainsi que d’autres œuvres majeures.

Une dynamique africaine en marche

Le Bénin n’est pas seul dans cette quête de mémoire et de justice. D’autres pays africains, à l’instar du Sénégal, du Mali ou encore de l’Algérie, ont également soumis des demandes officielles de restitution. L’adoption de cette loi-cadre pourrait ainsi accélérer un mouvement continental de réappropriation du patrimoine culturel africain.

En ouvrant la voie à des restitutions plus fluides et concertées, la France pose un acte fort en faveur de la reconnaissance des blessures du passé. Pour le Bénin, cette décision nourrit l’espoir d’un retour progressif de ses trésors, porteurs d’identité, de dignité et de mémoire collective.

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