La première édition du Festival Masègòhún a connu son épilogue, mardi 11 août 2026, à la Maison des jeunes d’Avrankou. Organisée par l’Association « Les paroles de Yédénou Adjahoui », cette manifestation culturelle a rendu un hommage appuyé à l’illustre chanteur, philosophe et éducateur, disparu le 11 août 1995. Parrain de l’événement, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamè Djogbénou, entouré de plusieurs députés, a salué la richesse de son héritage et appelé à une transmission durable de son œuvre aux générations futures.
Une clôture sous le signe de la mémoire
Après plusieurs jours d’activités, le Festival Masègòhún a refermé ses portes dans une ambiance particulièrement chaleureuse. Pour cette journée de clôture, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamè Djogbénou, a effectué le déplacement à Avrankou, à la tête d’une importante délégation parlementaire.
À son arrivée à la Maison des jeunes, il a été accueilli par une forte mobilisation populaire. À ses côtés figuraient notamment les députés David Houinsa, Jean-Michel Abimbola, Sofiath Schanou, Charlemagne Yankoty, Denise Degbedji, Cécile Ahoumènou, Hypolite Hazounme, Victor Hounsa et Michel Sodjinou.
La délégation a notamment découvert l’exposition consacrée à Yédénou Adjahoui, avant de prendre part à la cérémonie officielle de clôture, ponctuée de discours et de prestations artistiques.
« La culture n’est pas un secteur de second rang »
La présence du président de l’Assemblée nationale a été fortement appréciée par les organisateurs et les populations.
Prenant la parole, Appolinaire Oussou-Lio, président de l’Association « Les paroles de Yédénou Adjahoui », a estimé que la présence de Joseph Djogbénou constituait un signal important en faveur de la culture.
Le maire d’Avrankou, Gabriel Ganhoutodé, a également salué cet engagement, considérant le soutien apporté au festival comme une reconnaissance accordée à la culture et au patrimoine local.
Djogbénou : « Yédénou Adjahoui est désormais un esprit »
Au cours de la manifestation, Joseph Djogbénou a rendu à plusieurs reprises hommage à la mémoire de Yédénou Adjahoui.
Après avoir visité l’exposition dédiée à l’artiste, le président de l’Assemblée nationale a reconnu en lui une personnalité dont l’influence dépasse largement le domaine musical.
Il a ainsi présenté Yédénou Adjahoui comme un « chanteur, philosophe, éducateur et éveilleur de conscience », dont la disparition ne saurait effacer l’empreinte laissée dans la société.
Lors de la cérémonie de clôture, il a davantage insisté sur la dimension culturelle et historique de son œuvre. Pour lui, l’identité d’un peuple se construit et se conserve à travers sa culture.
Dans cette perspective, Yédénou Adjahoui ne doit plus être considéré comme une simple figure du passé. Il appartient désormais à cette mémoire collective qui continue d’influencer les générations.
Le président Djogbénou a notamment souligné que l’artiste fut à la fois historien, sociologue, homme de lettres et témoin de son époque. À travers ses chansons, il a conservé des pans entiers de la mémoire sociale, des traditions, des valeurs et de l’histoire de son milieu.
Un héritage à transmettre aux jeunes générations
Pour Joseph Djogbénou, l’enjeu du Festival Masègòhún ne réside donc pas uniquement dans la commémoration de la disparition de Yédénou Adjahoui. Il s’agit surtout de faire vivre son œuvre et de permettre aux jeunes générations de mieux connaître cet héritage.
Le président de l’Assemblée nationale a souhaité que l’hommage ne se limite pas à une célébration ponctuelle organisée autour de la date anniversaire de la disparition de l’artiste.
Il a, dans ce sens, rassuré les organisateurs quant à la disponibilité des parlementaires à accompagner les initiatives destinées à préserver et à transmettre cette mémoire.
Vers un rendez-vous culturel durable
Du côté du gouvernement, le souhait est également de voir le Festival Masègòhún s’inscrire dans la durée.
César Godonou, directeur départemental de la Culture de l’Ouémé, représentant le ministre de la Culture, a plaidé pour la pérennisation de cette initiative afin qu’elle devienne progressivement un rendez-vous culturel majeur.
L’ambition rejoint celle portée par l’Association « Les paroles de Yédénou Adjahoui », qui entend faire de ce festival un cadre permanent de valorisation de l’œuvre du célèbre artiste.
Yédénou Adjahoui, une mémoire qui demeure
Décédé le 11 août 1995, Yédénou Adjahoui reste une figure emblématique de la musique traditionnelle béninoise et le créateur du rythme Masègòhún.
Ses compositions constituent bien plus que des œuvres musicales. Elles sont porteuses de récits, de proverbes, de valeurs, de spiritualité et de fragments de l’histoire locale.
Trente et un ans après sa disparition, sa pensée et son œuvre continuent ainsi de nourrir la mémoire collective.
À Avrankou, la première édition du Festival Masègòhún aura donc permis de rappeler une évidence : préserver l’œuvre de Yédénou Adjahoui, c’est aussi préserver une partie de la mémoire culturelle du Bénin.
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