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Installation des maires et présidentielle d’avril 2026

La grogne des bases

La grogne des bases

À peine les nouveaux maires installés dans leurs fonctions pour la mandature 2026-2033 que des voix discordantes s’élèvent au sein de plusieurs formations politiques. Reconductions jugées arbitraires, impositions dénoncées, frustrations mal contenues… À quelques semaines de l’élection présidentielle d’avril 2026, ces tensions internes constituent un véritable défi pour les états-majors. Comment les partis comptent-ils éteindre l’incendie avant qu’il ne fragilise leur mobilisation électorale ?

L’installation des maires issus des dernières élections communales, conformément au calendrier électoral établi par la Commission électorale nationale autonome (CENA), devait marquer le début d’une nouvelle dynamique locale. Mais dans plusieurs communes, la fête a été assombrie par des contestations internes.

Au cœur des critiques : la reconduction de certains maires sortants et l’imposition de candidats choisis par les directions nationales, au détriment des aspirations exprimées par les militants à la base. Dans certaines localités, des cadres influents ont été écartés au profit de profils jugés plus « stratégiques » par les états-majors.

Des frustrations mal digérées

Pour de nombreux militants, l’absence de concertation et de primaires transparentes a laissé un goût amer. « Nous avons mouillé le maillot sur le terrain, mais au moment du choix final, notre avis ne compte pas », confie un responsable communal sous anonymat.

Ces frustrations se traduisent par une démobilisation progressive, voire par des menaces de boycott lors des prochaines échéances. Une situation préoccupante à l’approche de la présidentielle d’avril 2026, où chaque voix comptera.

Dans certains partis, des réunions d’apaisement ont été convoquées en urgence. Objectif : calmer les ardeurs et éviter que les divisions locales ne se transforment en crise ouverte.

Un risque pour la dynamique présidentielle

La présidentielle d’avril 2026 se profile déjà comme un rendez-vous majeur. Pour les formations politiques engagées dans la conquête ou la conservation du pouvoir, l’unité interne constitue un atout stratégique.

Or, les tensions actuelles pourraient compromettre la mobilisation des bases, moteur essentiel des campagnes électorales. Un militant frustré est souvent un électeur silencieux, parfois tenté par l’abstention ou la dissidence.

Des observateurs estiment que ces querelles locales pourraient affaiblir la capacité de certains partis à fédérer largement autour de leur candidat.

Quelles solutions pour les partis ?

Face à cette grogne montante, plusieurs pistes s’offrent aux formations politiques :

Multiplier les concertations locales afin de redonner la parole aux militants ;

Instaurer des mécanismes plus transparents de désignation des responsables ;

Valoriser les cadres non retenus par des responsabilités au sein des structures de campagne ;

Renforcer la communication interne pour expliquer les choix stratégiques.

Au-delà des ajustements tactiques, c’est la question de la gouvernance interne des partis qui est posée. La cohésion, la démocratie interne et la gestion des ambitions seront déterminantes pour aborder sereinement la présidentielle.

En définitive, l’installation des maires, loin d’être une simple formalité administrative, révèle les fragilités organisationnelles de certaines formations. À quelques semaines du scrutin présidentiel, l’heure n’est plus aux rivalités internes mais à la consolidation des troupes.

Reste à savoir si les partis sauront transformer ces frustrations en énergie militante ou s’ils laisseront la grogne miner leurs chances en avril 2026.

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