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Transformation du zémidjan au Bénin

Quelles réformes pour moderniser le secteur dans le Grand Nokoué ?

Quelles réformes pour moderniser le secteur dans le Grand Nokoué ?

Pilier incontournable de la mobilité urbaine, le secteur des zémidjans emploie près de 150 000 conducteurs dans les communes du Grand Nokoué. Longtemps toléré comme une solution informelle face aux insuffisances du transport public, ce mode de déplacement est aujourd’hui à la croisée des chemins. À l’heure des villes durables et intelligentes, sa transformation en un véritable service public moderne s’impose.

Rompre avec le “zém de fortune”

La réforme du secteur passe avant tout par une professionnalisation des conducteurs. Il ne s’agit plus de simples conducteurs occasionnels, mais de véritables opérateurs de transport urbain. Cette mutation suppose une formation obligatoire au Code de la route, au secourisme et aux règles élémentaires de service à la clientèle. À l’issue de ce parcours, chaque conducteur devrait se voir délivrer une carte professionnelle, gage de compétence et de reconnaissance officielle.

La sécurité routière, une urgence nationale

La question de la sécurité reste centrale. À Cotonou, les zémidjans sont impliqués dans près de 70 % des accidents de la circulation, un chiffre alarmant qui interpelle pouvoirs publics et usagers. La formation, le contrôle technique des motos, le port obligatoire des équipements de protection et un meilleur encadrement du secteur constituent des leviers essentiels pour inverser cette tendance et sauver des vies.

Vers un “Uber” à la béninoise

La digitalisation offre des perspectives inédites. La mise en place de plateformes de mise en relation, accessibles via smartphones ou codes USSD, permettrait d’organiser l’offre, de réduire le nombre de motos circulant sans clients et de limiter la pollution urbaine. L’État pourrait encourager cette transition en conditionnant l’accès aux licences ou aux tarifs préférentiels à l’inscription sur ces plateformes locales, adaptées aux réalités béninoises.

Intermodalité : du rival au partenaire

Le zémidjan ne doit plus être perçu comme un concurrent des bus ou du transport lagunaire, mais comme un maillon complémentaire de la chaîne de mobilité. Son rôle naturel est d’assurer les “derniers kilomètres”. La création de hubs de mobilité, où les zémidjans pourraient stationner de manière organisée à proximité des arrêts de bus ou des embarcadères, renforcerait cette logique de partenariat et améliorerait la fluidité des déplacements.

La transition vers l’électrique, un passage obligé

Dans un contexte de lutte contre la pollution et le changement climatique, le recours aux motos électriques apparaît comme une solution durable. Le développement de systèmes de battery swapping (échange rapide de batteries) permettrait de lever la contrainte de l’autonomie. Pour accompagner cette transition, l’État pourrait mettre en place des mécanismes de crédit-bail ou de leasing, facilitant l’accès des conducteurs à ces nouveaux engins et leur permettant d’en devenir progressivement propriétaires.

Une réforme sociale avant tout

Réorganiser le secteur des zémidjans ne signifie pas réprimer, mais accompagner. C’est offrir une sortie honorable à des milliers de pères de famille, en intégrant durablement leur activité dans l’économie formelle, tout en améliorant la sécurité, la qualité du service et le respect de l’environnement.

Le temps de l’improvisation est révolu. Celui de la modernisation est venu.

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