Terre d’histoire, de culture et de savoir, Lokossa s’impose aujourd’hui comme un modèle d’excellence au Bénin. De son passé légendaire à son présent tourné vers le développement, la cité du Mono continue de faire parler d’elle par son dynamisme, son patrimoine et ses talents.
Lokossa, la ville de l’espérance. Ce surnom, longtemps chanté par l’artiste Djok Vicoz, incarne bien l’âme de cette cité emblématique du département du Mono. Lokossa, c’est d’abord une terre d’artistes : celle qui a vu naître le célèbre salséro Gnonnas Pedro, virtuose de la musique béninoise, mais aussi la talentueuse chanteuse Anna Teko. C’est également une ville qui a connu de grands dirigeants, à l’image du Général Martin Dohou Azonhisso, dont la rigueur a contribué à en faire l’une des villes les mieux tracées du pays.
Mais Lokossa, c’est surtout un label d’excellence dans le système éducatif béninois. En témoigne la performance exceptionnelle de ses élèves, dont plusieurs ont été classés premiers au baccalauréat national, à l’image de Patrick Junior Hounkpè, premier du Bénin en 2020, surnommé “l’oracle de Lokossa”.
Chef-lieu du département du Mono, la ville puise ses racines dans une histoire fascinante. Selon la tradition orale, les premiers habitants venus de Toffo se seraient installés à l’ombre d’un grand iroko, repère sacré indiqué par l’oracle. De l’expression en langue « ko gbé » “Loko tin on sa”, qui signifie “allez à l’ombre de l’iroko”, est né progressivement le nom Lokossa, francisé au fil du temps.
Située au Nord-Ouest du Mono, la commune couvre 260 km² et regroupe 65 villages répartis dans cinq arrondissements : Lokossa, Ouèdèmè, Agamè, Houin et Lokossa centre. Peuplée majoritairement de Ko nou, elle reste une ville cosmopolite où cohabitent Adja, Mina, Fon, Haoussa, Yoruba et Sahwè. Lokossa abrite aussi deux grandes sociétés industrielles : la Société des Industries Textiles du Bénin (SITEX) et la Compagnie Béninoise de Textile (CBT).
Le riche patrimoine culturel de Lokossa se manifeste à travers le “Lokossa xwé”, célébration populaire, et la cérémonie traditionnelle du “Yê”, rituel de purification. Les rythmes locaux tels que le tôba, avivi, zinlin, agbadja, tchinkoumè ou gota rythment encore les fêtes du terroir. À table, les spécialités locales comme le tonklui, le djaba, le gnonmlin, le djègan et le fameux awonto à la sauce de pissenlit accompagnée de wor gbo, témoignent d’une gastronomie riche et unique.
Sur le plan politique et administratif, Lokossa joue un rôle de premier plan dans le développement du Bénin. Plusieurs de ses fils occupent ou ont occupé de hautes fonctions : Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances ; Séverin Maxime Quenum, ministre de la Justice ; les députés Dakpè Sossou et Rosine Dagniho ; sans oublier Nestor Wadagni, ancien vice-président du Conseil économique et social.
Sous la direction actuelle du maire Gervais Amavi Hounkpè Houénou, la commune connaît un nouvel élan : réhabilitation des coopératives agricoles, valorisation des palmeraies, asphaltage de 13 km de routes, et lancement prochain du carrefour giratoire de Glo, symbole de la modernisation urbaine.
Outre l’agriculture, le commerce et l’artisanat, l’exploitation des carrières de graviers contribue à l’économie locale. Lokossa séduit aussi par ses atouts touristiques : le musée Gnonnas Pedro, la place de l’indépendance, les hippopotames du lac Doukon, l’Institut National des Sciences et Techniques Industrielles, la forêt sacrée de Lonvodoh, ou encore les vestiges du légendaire iroko à l’origine de son nom.
Fière de son passé et résolument tournée vers l’avenir, Lokossa reste la ville de l’espérance, un modèle d’équilibre entre tradition, culture et modernité.
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