Cette étape cruciale marque un tournant dans le paysage institutionnel du pays.
Le Bénin vient d’entrer dans une nouvelle ère politique. À l’issue d’un vote solennel, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de révision constitutionnelle par 90 députés favorables, tandis que 19 se sont opposés. Le résultat, largement au-delà des seuils habituels, témoigne d’un soutien solide mais pas unanime à cette réforme profonde.
Une réforme ambitieuse
Présentée par les groupes parlementaires de la majorité, cette révision vise plusieurs objectifs : ajuster l’architecture institutionnelle, moderniser certaines dispositions et renforcer certaines institutions clés. Parmi les changements envisagés, des observateurs évoquent la création éventuelle d’un Sénat une proposition déjà débattue dans les coulisses politiques.
Un vote décisif
Pour qu’une révision constitutionnelle soit adoptée sans passer par un référendum, la Constitution béninoise exige une majorité des 4/5 des députés. Avec 90 voix en faveur, le texte dépasse largement ce seuil, autorisant une adoption purement parlementaire.
Néanmoins, l’opposition n’a pas été totalement muselée. Les 19 voix contre proviennent principalement du parti Les Démocrates, qui avait déjà demandé à ses députés de rejeter le projet. Certains critiques dénoncent ce qu’ils appellent « un recul démocratique » et redoutent que ces modifications ne renforcent le pouvoir de la majorité actuelle.
Réactions contrastées
Pour les partisans, cette révision est une victoire institutionnelle majeure qui permettra de consolider les fondations du pays et d’adapter la Constitution aux défis contemporains. Pour l’opposition, en revanche, c’est un « vendredi noir pour la démocratie » : ils estiment que la réforme a été poussée sans un réel consensus national.
Ce qui va suivre
L’adoption du texte en plénière n’est peut-être pas la fin du chemin. Même s’il franchit l’étape parlementaire, certains craignent un recours au référendum si des contestations populaires venaient à émerger.
Quoi qu’il en soit, le Bénin bascule désormais dans une nouvelle phase politique, avec une Constitution remaniée qui pourrait redéfinir les rapports entre institutions, entre majorité et opposition.
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