Entre révélations troublantes issues d’audios divulgués et démêlés judiciaires en Afrique du Sud, Kèmi Séba se retrouve au cœur d’une double controverse. Tandis que l’activiste tient des propos virulents contre la Russie et les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), son interlocuteur présumé, l’artiste togolais Zaga Bambo, sort du silence pour clarifier sa position.
L’actualité de Kèmi Séba est marquée par une succession d’événements qui suscitent interrogations et polémiques. Arrêté à Pretoria en Afrique du Sud, en compagnie de son fils, l’activiste béninois est également éclaboussé par la diffusion d’enregistrements audio dans lesquels il critique sévèrement la Russie ainsi que les régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Face à la vague de réactions provoquée par ces révélations, l’artiste et activiste togolais Zaga Bambo, actuellement en exil en France, a pris la parole pour lever toute équivoque. Il reconnaît être l’interlocuteur de Kèmi Séba dans ces échanges, tout en niant toute responsabilité dans leur diffusion.
Selon ses explications, leur unique conversation remonte au mois d’octobre 2025 et s’est tenue via l’application Telegram, à l’initiative de Kèmi Séba. « Je n’avais aucun contact avec lui auparavant », précise-t-il, insistant sur le caractère isolé de cet échange.
S’agissant des audios devenus viraux, Zaga Bambo affirme qu’ils ont été sortis de leur contexte et manipulés. Il évoque même l’hypothèse d’une fuite provenant de services de sécurité, soulignant que les autorités ayant procédé à l’interpellation de Kèmi Séba ont eu accès à ses appareils et à leurs contenus. Il assure, par ailleurs, que s’il avait été à l’origine de la publication, il l’aurait assumé publiquement sans détour.
Les propos attribués à Kèmi Séba dans ces enregistrements ont toutefois surpris de nombreux observateurs. L’activiste y exprime une profonde désillusion vis-à-vis des autorités militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qu’il accuse d’avoir confisqué l’élan révolutionnaire au profit de leur maintien au pouvoir.
Il y prend également ses distances avec l’AES, affirmant ne pas s’y reconnaître malgré l’image qui lui est souvent associée.
Plus encore, ses déclarations à l’égard de la Russie sont particulièrement virulentes. Il y dénonce des pratiques opportunistes et manipulations politiques, exprimant son inquiétude face à l’influence croissante de Moscou dans la région sahélienne.
Parallèlement à cette polémique médiatique, la situation judiciaire de Kèmi Séba en Afrique du Sud retient l’attention. Interpellé dans un centre commercial de Pretoria, il était en compagnie de son fils âgé de 18 ans. Les autorités sud-africaines indiquent qu’ils envisageaient de transiter de manière irrégulière par le Zimbabwe pour rejoindre l’Europe.
Un troisième individu, présenté comme un facilitateur présumé, a également été arrêté dans cette affaire.
Placés en garde à vue, les mis en cause doivent comparaître devant la justice sud-africaine ce 20 avril 2026. Kèmi Séba fait par ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises, dans le cadre d’accusations liées notamment à des faits présumés d’atteinte à la sûreté de l’État après les événements du 7 décembre 2025 à Cotonou.
La décision des autorités judiciaires sud-africaines sur une éventuelle extradition vers le Bénin est désormais très attendue.
Soyez le premier à commenter cet article