Nichée au cœur du Mono, la commune de Houéyogbé se distingue par son patrimoine culturel, son artisanat raffiné et la vitalité de ses traditions. Entre lacs scintillants, forêts sacrées et rythmes endiablés, cette cité du sud-ouest béninois incarne à la fois la beauté du terroir et la créativité de son peuple.
Située à 83 kilomètres de Cotonou, la commune de Houéyogbé, chef-lieu d’un vaste territoire de 320 km², s’impose comme l’une des perles du département du Mono. Traversée par la route nationale N°2, elle partage ses frontières avec Lokossa, Bopa, Comè, Grand-Popo et Athiémé. Ses six arrondissements Dahé, Doutou, Honhoué, Houéyogbé, Sè et Zoungbonou abritent un peuple fier, chaleureux et profondément attaché à ses racines.
Le relief, alternant plateaux et vallons, s’enrichit d’un réseau hydrographique dense où se croisent le lac Toho, la Sazué ou encore la lagune de Hontoué. Ces plans d’eau font le bonheur des pêcheurs de Doutou, Sè et Zoungbonou, et assurent la prospérité d’une partie de la population.
Le climat, de type soudano-guinéen, rythme la vie entre saisons pluvieuses et périodes sèches. La végétation, dominée par le palmier à huile et le fromager, abrite une faune variée composée de petits ruminants, d’oiseaux et d’insectes typiques de la région.
Sur le plan économique, l’agriculture reste la principale activité. Les terres fertiles permettent la production de maïs, manioc, arachide, haricot, piment, tomate, riz ou encore de canne à sucre. L’élevage, la pêche, le commerce et même l’exploitation du sable et du gravier complètent ce tissu économique dynamique.
Mais Houéyogbé, c’est aussi la main habile et créatrice des femmes potières de Sè. Véritables ambassadrices de l’artisanat d’art béninois, elles façonnent avec grâce jarres, canaris et ustensiles en terre cuite, perpétuant ainsi un savoir ancestral transmis de mère en fille.
Entre culture, culte et mémoire
Houéyogbé est un sanctuaire vivant de la spiritualité béninoise. Ses forêts sacrées, ses temples vodun, la tombe du grand dignitaire Sossa Guèdèhounguè ou encore celle de l’administrateur colonial Paul Grange en font un haut lieu de mémoire et de culture.
Les rythmes traditionnels tels que le Zinli Gbété, le Voogan, le Zandro ou le Adjroé font battre le cœur de la commune. À chaque cérémonie, les tambours s’unissent pour faire vibrer corps et âmes, dans un ballet de sons où se mêlent ferveur religieuse et joie populaire.
À côté du culte vodun où trônent fièrement Hèviosso, Sakpata, Mami Watta ou Ogou coexistent harmonieusement le christianisme et l’islam. Ce syncrétisme religieux fait la richesse et l’équilibre spirituel du territoire.
Un terroir de talents et de leadership
Dirigée par le maire Cyriaque Domingo, réélu depuis 2020, la commune de Houéyogbé compte 25 conseillers communaux mobilisés autour du développement local. Terre d’intellectuels et de figures politiques, elle a vu naître de nombreuses personnalités : Charles Djrèkpo, Daniel Gboka, Isidore Tossou, Théophile Soussia, Gilbert Cakpossa, Gaston Hounkpè, Pierre d'Alcantara Zocli, sans oublier l’historien Pierre Mètinhoué et l’ingénieur en énergie Samuel Dotou.
Sur le plan culturel, les frères Guèdèhounguè, artistes reconnus, portent haut les couleurs de Houéyogbé, perpétuant la tradition musicale et l’identité de ce territoire où chaque battement de tambour raconte une histoire.
Entre traditions millénaires et ambitions modernes, Houéyogbé se dresse comme une commune d’équilibre, où la nature, la foi et la créativité s’unissent pour offrir au Bénin un modèle d’harmonie et de vitalité culturelle.
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