Médiation, personnel, nouvelles compétences… le Secrétaire général du Conseil économique et social explique les changements.
Après l’étape du Littoral de la tournée nationale consacrée au lancement des activités des Conseils départementaux du Conseil économique et social (CES), le Secrétaire général de l’institution, Aziz Paraïso, a apporté des éclaircissements sur les principales mutations intervenues au sein du CES. Nouveau règlement intérieur, intégration des fonctions du Médiateur de la République, maintien du personnel et nouvelles missions économiques : le responsable revient sur les contours de la réforme de 2026.
La huitième mandature du Conseil économique et social ouvre une nouvelle page dans l’histoire de l’institution. Sous la présidence d’Abdoulaye Bio Tchané, le CES doit désormais exercer des responsabilités élargies à la faveur de la réforme institutionnelle intervenue en 2026.
Invité à expliquer les changements opérés, le Secrétaire général Aziz Paraïso a d’abord évoqué le nouveau règlement intérieur de l’institution. Adopté le 20 août dernier, ce texte était devenu nécessaire pour mettre le fonctionnement du CES en conformité avec les nouvelles dispositions de sa loi organique.
Saisi pour contrôler sa conformité à la Constitution, la Cour constitutionnelle a validé le règlement intérieur le 27 août dernier. Le document est depuis lors applicable.
Le Médiateur désormais intégré au CES
L’une des principales conséquences de la réforme est la disparition du Médiateur de la République en tant qu’institution autonome.
Désormais, les fonctions relevant de la médiation sont intégrées au Conseil économique et social. Le Premier Vice-Président du CES est chargé d’assurer les missions de médiation qui subsistent dans le nouveau dispositif institutionnel.
Cette évolution ne signifie toutefois pas la disparition du mécanisme de recours des citoyens. Les populations confrontées à des difficultés avec l’administration peuvent toujours saisir l’institution, notamment à travers l’intercession gracieuse.
En revanche, les questions relatives à la médiation politique ont été transférées au Sénat.
Les citoyens peuvent toujours saisir le CES
La réforme modifie donc le circuit institutionnel sans supprimer le recours des citoyens.
« Les populations ont toujours la possibilité de saisir le Premier Vice-Président du Conseil économique et social pour les difficultés qu’elles rencontreraient avec l’administration », a expliqué Aziz Paraïso.
Le Secrétaire général insiste ainsi sur la continuité de la mission de médiation, désormais exercée dans le cadre du CES.
Pas de licenciements annoncés
Autre sujet sensible : le devenir des agents de l’ancienne institution du Médiateur de la République.
Sur ce point, Aziz Paraïso se veut catégorique. Il rappelle qu’à son arrivée, le président du CES, Abdoulaye Bio Tchané, a rencontré l’ensemble du personnel, aussi bien les agents du CES que ceux issus du Médiateur.
Selon le Secrétaire général, le président de l’institution avait clairement affiché sa volonté de ne procéder à aucun renvoi.
Mieux, après la validation du nouveau règlement intérieur par la Cour constitutionnelle, une décision a été prise pour intégrer l’ensemble du personnel de l’ancien Médiateur dans les effectifs du CES.
Pour les responsables de l’institution, cette opération traduit donc une volonté de continuité administrative plutôt qu’une logique de suppression d’emplois.
Le CES gagne de nouvelles responsabilités
La réforme ne se limite pas à la question de la médiation. Elle confère également de nouvelles compétences au Conseil économique et social.
Désormais, l’institution devra notamment élaborer chaque année un rapport consacré à la situation économique du Bénin. Ce rapport devra être présenté au Gouvernement au mois de septembre.
Cette nouvelle mission renforce considérablement le rôle d’expertise du CES dans l’analyse des réalités économiques et sociales du pays.
Pour Aziz Paraïso, cette évolution impose à l’institution de renforcer ses capacités d’intervention et d’analyse.
Une nouvelle étape pour la huitième mandature
Avec l’intégration des fonctions du Médiateur et l’élargissement de ses prérogatives, le Conseil économique et social change d’échelle.
La huitième mandature devra désormais conjuguer sa mission traditionnelle de conseil et d’analyse avec de nouvelles responsabilités en matière de médiation et de suivi de la situation économique nationale.
Une transformation qui, selon Aziz Paraïso, marque un nouveau cap pour le CES et appelle une adaptation de son organisation, de ses ressources humaines et de ses capacités d’expertise.
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