À Abomey, le président du Conseil économique et social a lancé les activités du Conseil départemental du Zou et appelé les conseillers à devenir les véritables relais des populations. Culture, tourisme, emploi des jeunes, foncier et cohésion sociale : plusieurs défis du département ont été portés au cœur des échanges.
Après les Collines dans la matinée, le président du Conseil économique et social (CES), Abdoulaye Bio Tchané, a poursuivi, mercredi 2 septembre 2026, sa tournée de lancement des activités des Conseils départementaux de la huitième mandature. Destination : Abomey, où il a officiellement lancé les activités du Conseil départemental du CES du Zou, à l’occasion de l’ouverture de sa deuxième session ordinaire, prévue du 2 au 11 septembre.
À travers cette étape, le président du CES veut donner un contenu concret à la territorialisation de l’institution et surtout rapprocher davantage celle-ci des réalités vécues dans les différentes régions du pays.
Accompagné du deuxième vice-président Pascal Essou, des autres vice-présidents, du Secrétaire général et de plusieurs cadres techniques, Abdoulaye Bio Tchané a échangé avec les conseillers départementaux sur leurs responsabilités, les orientations de la huitième mandature et les principales préoccupations du Zou.
La rencontre a également réuni le préfet du Zou, Laurent Zomaï, le maire d’Abomey, les membres de la Conférence administrative départementale et plusieurs personnalités.
Abomey met ses préoccupations sur la table
Dès l’ouverture des travaux, le coordonnateur départemental du CES du Zou, Zéphirin Kindjanhoundé, a planté le décor. Dans son intervention, il a mis en lumière les potentialités du département, mais aussi plusieurs défis auxquels les populations restent confrontées.
La valorisation du patrimoine historique et culturel d’Abomey s’est imposée comme l’une des principales préoccupations. Le responsable départemental a notamment plaidé pour une meilleure mise en valeur des sites historiques et du potentiel touristique de la cité royale.
La Route de l’Esclave, reliant Abomey à la Porte du Retour à Ouidah, ainsi que la restauration et la valorisation des sites historiques ont été évoquées comme des leviers susceptibles de renforcer l’attractivité du département et de stimuler son économie.
Mais les préoccupations ne sont pas uniquement culturelles. Les questions liées à la cohésion sociale, à la chefferie traditionnelle, au foncier et aux limites territoriales entre les neuf communes du Zou ont également été soulevées.
L’emploi et l’insertion professionnelle des jeunes, le développement de l’artisanat et la modernisation du département complètent cette liste de priorités soumises à l’attention du président du CES.
« Quatre priorités. Une seule ambition »
Dans son adresse aux conseillers départementaux, Abdoulaye Bio Tchané a rappelé que leur désignation constitue certes un honneur, mais surtout une responsabilité.
Pour la huitième mandature, le président du CES entend articuler l’action de l’institution autour de quatre priorités : l’utilité, la proximité citoyenne, le dialogue interinstitutionnel et le rayonnement international.
« Quatre priorités. Une seule ambition : faire du CES une institution qui compte dans la vie de la Nation », a-t-il affirmé.
Le président de l’institution a également rappelé les premières avancées de la nouvelle mandature, notamment l’adoption du nouveau Règlement intérieur du CES, déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle le 27 août 2026, ainsi que le lancement du processus d’élaboration du Plan stratégique 2027-2031.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, cette tournée doit permettre aux conseillers de mieux comprendre les fondements de cette nouvelle dynamique et d’en assurer la traduction sur le terrain.
Le conseiller départemental, « trait d’union » entre le citoyen et le CES
Le message du président du CES aux conseillers du Zou a été particulièrement clair : leur mission ne doit pas se limiter aux réunions institutionnelles.
Ils doivent être présents sur le terrain, à l’écoute des populations et capables de faire remonter leurs préoccupations vers le niveau national.
« Votre rôle, à cet égard, se joue sur deux fronts qui se complètent. Sensibiliser, d’abord : faire connaître aux populations du Zou les textes, les réformes, les décisions qui engagent leur vie quotidienne, dans un langage qui leur parle. Écouter, ensuite : recueillir, sur ces mêmes textes, leurs interrogations, leurs réserves, leurs attentes, et me les faire remonter sans les déformer », a-t-il déclaré.
Cette exigence d’écoute prend une dimension particulière au Zou, département aux réalités économiques, sociales, culturelles et foncières spécifiques.
« Car au-delà des préoccupations générales de nos concitoyens, il y a celles, propres et singulières, du Zou — et c’est à vous qu’il revient de me les porter », a insisté Abdoulaye Bio Tchané.
Les conseillers départementaux sont ainsi appelés à devenir les « traits d’union » entre le CES et les citoyens.
Le patrimoine d’Abomey au cœur du développement
Les échanges ont particulièrement insisté sur la dimension culturelle et touristique du Zou.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, Abomey occupe une place incontournable dans le patrimoine national. Le président du CES a reconnu que le rayonnement culturel du Bénin et le développement du tourisme culturel ne peuvent être pensés sans prendre en compte la cité historique.
Le potentiel du Musée historique d’Abomey et la valorisation des différents sites patrimoniaux ont ainsi été remis au centre des discussions.
Au-delà de la culture, les participants ont également insisté sur les défis liés à l’éducation, à la formation et à l’emploi des jeunes.
Le président du CES a souligné l’importance des formations techniques, professionnelles et agricoles pour répondre aux besoins du marché et préparer la jeunesse aux emplois de demain.
Le développement des lycées agricoles modernes et le renforcement des compétences dans les secteurs productifs ont notamment été évoqués, tout comme la nécessité de faciliter l’accès au financement et l’accompagnement des jeunes porteurs de projets.
La nouvelle architecture du CES expliquée
Autre temps fort de la rencontre : l’explication des réformes institutionnelles engagées au sein du CES.
La territorialisation de l’institution, engagée depuis 2024, doit permettre au Conseil d’être davantage présent dans les départements et de mieux assurer sa mission de proximité.
Cette réforme renforce notamment le rôle des Conseils départementaux dans la vulgarisation des lois et textes réglementaires ainsi que dans la remontée des préoccupations des citoyens.
Les conseillers ont également été informés des conséquences de la réforme du 31 juillet 2026 portant intégration des fonctions du Médiateur de la République au sein du CES.
À la suite de cette évolution, le Règlement intérieur du CES a été adapté et déclaré conforme à la Constitution par la Cour constitutionnelle le 27 août 2026. Les fonctions du Médiateur de la République sont désormais exercées au sein du CES par le premier vice-président.
Le Zou attendu sur le Plan stratégique 2027-2031
La deuxième session ordinaire du Conseil départemental du CES du Zou constitue également une occasion pour le département de contribuer à l’élaboration du prochain Plan stratégique 2027-2031 de l’institution.
Les services techniques du département ont exprimé leur disponibilité à accompagner le processus.
L’ambition est de faire remonter, dans ce document stratégique, les réalités et priorités du Zou : patrimoine et tourisme, emploi et formation des jeunes, développement économique, cohésion sociale, artisanat et problématiques foncières.
Une manière, pour le CES, de faire de la territorialisation non pas un simple dispositif administratif, mais un véritable mécanisme de participation des territoires à la réflexion nationale.
« Sans vous, ils resteront des mots »
Au terme des échanges, Abdoulaye Bio Tchané a de nouveau responsabilisé les conseillers départementaux.
« Quatre piliers. Une seule certitude : sans vous, ils resteront des mots », leur a-t-il lancé.
À travers cette formule, le président du CES entend rappeler que la réussite de la huitième mandature dépendra aussi de la capacité des représentants départementaux à être présents, disponibles et à l’écoute.
L’étape d’Abomey marque ainsi une nouvelle séquence dans la tournée officielle de lancement des activités des Conseils départementaux du CES. Après le septentrion et les Collines, le président du CES poursuit son déploiement dans les départements du Centre et du Sud avec une ambition affichée : faire du CES une institution plus utile, plus proche des citoyens et davantage connectée aux réalités des territoires.
À terme, le message porté depuis Abomey se résume en une exigence : que chaque préoccupation exprimée dans les communes puisse trouver un chemin jusqu’au CES et que chaque réforme portée par la République puisse être mieux comprise par les citoyens.
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