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Bataille pour le perchoir à l’Assemblée nationale

Une équation à plusieurs inconnues pour la mouvance

Une équation à plusieurs inconnues pour la mouvance

À l’approche du dimanche 08 février, date retenue pour l’installation officielle des députés de la 10e législature, la mouvance présidentielle est traversée par de fortes turbulences internes. Derrière une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, se profile une compétition feutrée mais intense autour d’un enjeu majeur : la présidence de l’Assemblée nationale, deuxième institution de la République.

Avec 109 députés sur 109, issus exclusivement de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et du Bloc Républicain (BR), la nouvelle législature s’ouvre dans une configuration politique inédite, marquée par l’absence totale d’opposition parlementaire. Une situation qui renforce l’importance stratégique du perchoir et rend son attribution particulièrement délicate.

Une majorité absolue, des ambitions concurrentes

À peine les résultats définitifs des législatives proclamés que les états-majors des deux partis de la mouvance se sont engagés dans de subtils calculs. L’UP-R, fort de 60 députés, et le BR, avec 49 élus, revendiquent chacun une légitimité politique à diriger l’institution parlementaire.

Au-delà de la présidence, la composition globale du bureau de l’Assemblée nationale suscite également de vives convoitises. Dans cette bataille d’influence, chaque parti cherche à sécuriser des postes clés afin de peser durablement sur l’orientation des travaux parlementaires durant la période 2026-2032.

Le perchoir : un enjeu institutionnel majeur

Dans les cercles de décision, plusieurs noms émergent, avec des niveaux de probabilité variables, selon les rapports de force internes, les équilibres partisans et les arbitrages attendus au sommet de l’État.

1. Joseph Fifamè Djogbénou

Président de l’UP-R et figure centrale de la mouvance présidentielle, Joseph Djogbénou apparaît comme le favori naturel. Le poids numérique de son parti, sa proximité politique avec le chef de l’État et son expérience institutionnelle militent clairement en sa faveur. Au sein de l’UP-R, une large frange estime que la logique démocratique commande qu’il accède au perchoir.

2. Abdoulaye Bio Tchané

Côté Bloc Républicain, le nom du ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané revient avec insistance. Acteur majeur de la gouvernance de la Rupture et pilier des réformes économiques et financières, il bénéficie d’un capital politique solide. Sa candidature constituerait un signal fort d’équilibre au sein de la mouvance, même si le différentiel numérique avec l’UP-R reste un handicap.

3. Louis Gbèhounou Vlavonou

Président sortant de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou demeure un sérieux outsider. Son expérience du perchoir, sa connaissance fine des rouages parlementaires et son profil consensuel pourraient plaider en faveur d’une reconduction, dans une logique de stabilité institutionnelle, si les équilibres politiques l’exigeaient.

4. Aké Natondé

Ancien ministre et cadre politique respecté, Aké Natondé est cité parmi les options de recours. Son expérience administrative et politique constitue un atout, même si son positionnement dépend fortement des arbitrages internes au BR et des choix stratégiques du sommet de l’État.

5. Orden Alladatin

Président de la Commission des lois lors de la précédente législature, Orden Alladatin dispose d’une expertise parlementaire reconnue. Toutefois, son profil davantage technique que politique pourrait limiter ses chances dans une compétition dominée par des considérations d’équilibre partisan et d’influence.

6. Augustin Ahouanvoébla

Moins exposé médiatiquement, Augustin Ahouanvoébla figure parmi les noms évoqués en arrière-plan. Son éventuelle montée dépendrait d’un consensus interne improbable à ce stade, dans un contexte de fortes ambitions déjà affirmées.

L’ombre portée du chef de l’État

Au final, un constat s’impose : aucune décision majeure ne sera prise sans l’arbitrage du président Patrice Guillaume Athanase Talon. Fidèle à sa méthode, le chef de l’État pourrait privilégier un choix guidé par la stabilité, l’efficacité institutionnelle et la cohérence de l’action gouvernementale.

À quelques jours de l’installation officielle de la 10e législature, les tractations se poursuivent en coulisses. La bataille du perchoir s’annonce comme le premier grand test politique de cette nouvelle Assemblée nationale monocolore.

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