Le jeudi 11 décembre 2025, le Bureau Exécutif de GOHOUN-AKO a organisé une causerie-débat au Jardin des Plantes et de la Nature de Porto-Novo. Cette rencontre a été l’occasion d’explorer l’histoire, la valeur et les enjeux de conservation du rythme GOHOUN-AKO, une référence incontournable dans la culture des Ainonvis.
À cette séance, étaient présents des Anciens, des Sages de la ville et divers responsables communautaires. Par la voix du président du bureau, M. Serge G. MEDEVO, les participants ont souligné les risques de disparition auxquels ce patrimoine culturel est confronté. Ils ont lancé un appel pressant aux autorités nationales pour la sauvegarde de cet héritage cher à HOGBONOU.
Un rythme vieux de plus de deux siècles
Le GOHOUN-AKO, vieux de plus de 200 ans, est bien plus qu’une musique : il représente un vecteur historique, culturel et social. Utilisé par les ancêtres pour affirmer leur identité et leur appartenance, ce rythme symbolise l’orgueil, les rivalités et la cohésion des communautés. Il puise ses racines au quartier Sokomey-Adjarrahoué, où les élites locales, principalement des pêcheurs, ont contribué à sa diffusion.
Lors de la présentation, M. Serge G. MEDEVO, également président du GOHOUN Ozoun d’Agbokou Torri, accompagné du président honoraire et vice-président de GOHOUN-AKO, M. Richard MEHOU-LOKO, et du sage Papa Koffi ZINSOU-KPLI, a retracé la genèse du rythme à Porto-Novo, les actions entreprises pour sa promotion et les défis auxquels le mouvement est confronté.
Des origines sociales diversifiées
L’histoire montre que plusieurs groupes sociaux ont participé à la diffusion du GOHOUN-AKO : Agoundogbè, Ahoungnongbè, Kinkingbè, Alomangbè, Agounligbè et Agounsègbé, pour n’en citer que quelques-uns. Ces quartiers animaient, pendant des décennies, les galeries populaires de Porto-Novo. Lorsque la coordination entre eux s’est affaiblie, la naissance d’Ako a permis de centraliser et d’harmoniser cette tradition. Ainsi, chaque quartier, comme Ozoun à Gbokou-Torri, spécialisé dans le GOHOUN, est appelé à soutenir cette musique pour en préserver la qualité et l’ambiance.
Le premier président d’Ako était le Doyen Karim DA SILVA. Aujourd’hui, Porto-Novo compte treize quartiers, parmi lesquels Sokomey, Agbokomey, Lokossa, Avassa, Dota, Accron, Djassin, Dolou, Adjinan, Zèvou-Massè, Zèvou-Aga, Attakè-Adanmanyi et Dogon-Adanmanyi.
Menaces et enjeux de préservation
Les organisateurs ont également mis en lumière les menaces pesant sur ce rythme. Notamment son exclusion récente du Festival des Masques, alors qu’il avait autrefois sa place au Festival International de Porto-Novo. Le GOHOUN-AKO, considéré comme une musique de bravoure et de courage, reste un espace privilégié de dialogue et de partage pour la communauté.
Selon M. Richard MEHOU-LOKO, le rythme a brillé à plusieurs reprises, notamment à Lokossa en 2013 et à Attakè en 2018. Les actions phares du Bureau Exécutif, rappelées par M. Serge G. MEDEVO, incluent la réhabilitation du temple du fondateur du royaume de Porto-Novo, Tê-AGBANLIN, en 2020, ainsi que la restauration des places Vodouhonto à Sokomey et Zèvou entre 2020 et 2023.
Un appel aux autorités
Alors que le Bénin cherche à promouvoir sa culture sur la scène internationale, le Bureau Exécutif de GOHOUN-AKO plaide pour la restauration et la sauvegarde de ce patrimoine musical. Tous ses membres exhortent les autorités locales et nationales, à commencer par le maire de Porto-Novo, M. Charlemagne YANKOTY, le ministre de la Culture, M. Jean-Michel ABIMBOLA, et le comité d’organisation du Festival International de Porto-Novo 2026, à agir rapidement pour protéger et valoriser les rythmes traditionnels béninois, dont le GOHOUN-AKO.
Sauvegarder ce rythme n’est pas seulement une question de mémoire culturelle, mais un enjeu pour le développement culturel et cultuel de toute la nation.
Soyez le premier à commenter cet article