Les élections législatives du 11 janvier 2026 ont profondément redessiné le paysage politique béninois. À l’issue du scrutin et après la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle le lundi 19 janvier, le verdict est sans équivoque : la mouvance présidentielle s’est arrogée la totalité des sièges de la 10e législature de l’Assemblée nationale.
Dans les 24 circonscriptions électorales que compte le pays, seuls deux partis ont franchi le cap des exigences du Code électoral. L’Union Progressiste–Le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) raflent ainsi les 109 sièges de députés, consacrant une domination politique sans précédent depuis le retour au multipartisme intégral.
Une victoire sans partage de la mouvance présidentielle
Arrivée en tête du scrutin avec 41,15 % des suffrages, l’UP-R s’impose comme la première force politique du pays, décrochant 60 sièges à l’Assemblée nationale. Elle est suivie par le Bloc Républicain qui, avec 36,64 % des voix, obtient 49 sièges. À elles seules, ces deux formations issues de la majorité présidentielle concentrent désormais 100 % du pouvoir législatif.
Cette configuration confirme la solidité de la dynamique politique portée par la mouvance au pouvoir et ouvre un boulevard institutionnel aux réformes engagées depuis 2016, dans un contexte de stabilité parlementaire totale.
Les chiffres clés du scrutin
Nombre d’inscrits : 7 878 726
Nombre de votants : 2 878 726
Bulletins nuls : 89 734
Suffrages valablement exprimés : 2 788 992
UP-R : 41,15 % des suffrages – 60 sièges
BR : 36,64 % des suffrages – 49 sièges
Ces statistiques mettent toutefois en lumière un défi majeur : la faible mobilisation électorale, qui interroge sur la participation citoyenne et l’adhésion populaire au processus démocratique.
Une Assemblée nationale à couleur unique
Fait marquant de ces législatives, la principale formation de l’opposition, Les Démocrates, n’est pas parvenue à satisfaire aux critères requis par le Code électoral pour accéder au Parlement. Cette absence consacre une Assemblée nationale dite « monochrome », dominée exclusivement par la mouvance présidentielle.
Si cette configuration garantit une grande fluidité dans l’adoption des lois et la mise en œuvre du programme gouvernemental, elle pose également la question de la pluralité des débats et du rôle du contre-pouvoir dans la vie démocratique nationale.
À quelques mois de l’élection présidentielle de 2026, ces résultats apparaissent comme un signal politique fort : la majorité présidentielle aborde l’échéance avec une avance stratégique considérable et un appareil institutionnel entièrement aligné.
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