La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme saisie d’un dossier impliquant plusieurs ressortissants étrangers.
Un ancien militaire français, présenté comme ex-commandant des forces spéciales à la retraite et identifié sous les initiales R.F., se retrouve au cœur d’une affaire de faux permis de conduire présumés établis au Bénin. Il a comparu le lundi 16 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Porto-Novo.
Un réseau présumé de délivrance frauduleuse
Selon les éléments exposés à l’audience, R.F. est soupçonné d’avoir joué un rôle actif dans la confection et la mise à disposition de faux permis de conduire béninois au profit de certaines de ses relations. À la barre, l’accusé a formellement nié toute implication dans un réseau de fraudes, affirmant s’être installé au Bénin il y a plus de trois ans pour des raisons strictement professionnelles.
Les investigations menées par les services compétents laissent toutefois entrevoir l’existence d’un système bien organisé. Il aurait été question d’un montant avoisinant 150 000 FCFA par document délivré, une partie de cette somme étant présentée comme commission. Lors des perquisitions effectuées au domicile du principal prévenu, les enquêteurs ont saisi du matériel informatique ainsi que des supports vidéo qui montreraient des séquences de production de documents falsifiés.
D’autres étrangers dans le viseur de la justice
L’affaire ne concerne pas uniquement l’ancien officier français. Deux autres ressortissants étrangers comparaissent également dans ce dossier : un homme d’affaires de double nationalité russo-belge et un jeune Français âgé d’une trentaine d’années.
Le premier nie catégoriquement avoir fait usage d’un faux permis de conduire. Quant au second, il reconnaît avoir été en possession d’un document irrégulier, tout en soutenant qu’il ignorait son caractère frauduleux au moment des faits.
Prochaine étape judiciaire en mars
Après les débats initiaux, la juridiction spéciale a décidé de renvoyer l’affaire au 16 mars 2026 pour la poursuite des audiences. À cette date, la CRIET examinera plus en profondeur les pièces versées au dossier ainsi que les déclarations contradictoires des différents mis en cause.
Une infraction lourdement sanctionnée
Au Bénin, la fabrication et l’utilisation de faux documents administratifs, notamment les permis de conduire, constituent des infractions graves relevant de la compétence de la CRIET. Ces faits sont passibles de peines d’emprisonnement et d’amendes substantielles.
La juridiction a déjà eu à condamner, dans des affaires similaires, plusieurs personnes, dont des agents de l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT) ainsi qu’un moniteur d’auto-école, écopant de peines de prison ferme et de sanctions financières.
Cette nouvelle affaire, impliquant des ressortissants étrangers, pourrait ainsi renforcer la vigilance des autorités face aux réseaux de fraude documentaire et rappeler la détermination de la justice béninoise à assainir le secteur des titres administratifs.
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