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Mémoire royale et héritage historique

Toffa Ier, 118 ans après : la dynastie ravive la flamme

Toffa Ier, 118 ans après : la dynastie ravive la flamme

Cent dix-huit ans après la disparition du roi Toffa Ier, figure emblématique du royaume de Porto-Novo, ses descendants se sont réunis à Accron pour célébrer la mémoire d’un souverain visionnaire. Entre rites traditionnels, devoir de vérité historique et transmission culturelle, la dynastie réaffirme son attachement à l’héritage laissé par l’illustre monarque.

Le samedi 7 février 2026, Accron, à Porto-Novo, a été le théâtre d’un important rassemblement mémoriel. Les descendants de la dynastie du roi Toffa Ier s’y sont retrouvés pour commémorer le 118e anniversaire du décès de celui qui demeure l’une des figures les plus marquantes de l’histoire royale du royaume de Porto-Novo. Disparu le 7 février 1908, Toffa Ier laisse derrière lui un héritage politique, culturel et historique toujours vivant.

À travers cette célébration, princes, princesses et membres de la grande famille royale ont tenu à honorer la mémoire d’un souverain unanimement reconnu comme visionnaire et fin diplomate. Monté sur le trône en 1874 à l’âge de 34 ans, Toffa Ier a marqué son règne par une gouvernance éclairée et des choix stratégiques, notamment l’institution de Gbècon comme palais d’été, tout en réduisant l’usage du palais Honm è, où il fit néanmoins ériger une maison à étage.

La cérémonie commémorative s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de solennité et de spiritualité. Chants traditionnels, libations et rites ancestraux ont rythmé la journée, notamment à Adjahokon, lieu hautement symbolique pour la dynastie. Ces moments de recueillement ont permis de renforcer les liens entre les générations et de réaffirmer l’identité culturelle du royaume.

Au-delà de l’hommage, les descendants du roi Toffa Ier ont également exprimé leur ferme volonté de rétablir la vérité historique autour du royaume de Porto-Novo. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’altérations et de lectures erronées de l’histoire de leur aïeul. À ce sujet, Togbé Sènou Henri, conseiller local et chef du quartier Gogankomey, par ailleurs Zangan du temple Zangbeto Ayidowèdo, a rappelé que la terre d’Adjahokon, premier lieu foulé par Tè-Agbanlin, fut nommée « Adjatché », signifiant « mon Adja », et non une appellation attribuée ultérieurement.

Revenant sur l’identité du souverain, Gabin Oké Gnambodè, alias Gandonou, prince de la dynastie, a précisé que Toffa Ier, né Dassi, était l’enfant unique de sa mère Wonnondohouéwou, au sein d’une fratrie de dix-huit enfants. Son père, Okoun, deviendra plus tard Dé-Sodji. À sa disparition, le roi laissa une descendance dont l’héritage se perpétue aujourd’hui à travers la dynastie de Dè-Lokpon.

Tout au long de cette journée du 7 février 2026, les membres de la famille royale sont demeurés en union sacrée de prières et de rites, témoignant de leur attachement indéfectible à la mémoire de leur défunte Majesté. Les épouses de la dynastie ont également contribué à la solennité de l’événement en faisant résonner le rythme royal “Adjokan”, apportant une touche culturelle authentique à ces retrouvailles historiques.

À travers cette commémoration, les descendants du roi Toffa Ier réaffirment l’importance de préserver la mémoire collective, de transmettre l’histoire aux générations futures et de faire vivre l’héritage d’un souverain dont l’empreinte demeure profondément ancrée dans l’identité du royaume de Porto-Novo.

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