À peine annoncée, déjà rétractée. En l’espace de 24 heures, le député Soumaila Sounon Boké a créé la surprise en proclamant son départ du Parti Les Démocrates… avant de revenir sur sa décision. Un épisode qui soulève de nombreuses interrogations sur la stabilité et la gouvernance interne du principal parti d’opposition.
Tumulte et volte-face chez Les Démocrates
C’est un feuilleton politique express qui a tenu en haleine l’opinion publique ce week-end. Le député Soumaila Sounon Boké, élu de la deuxième circonscription électorale et natif de Banikoara, avait annoncé samedi 15 novembre 2025 sa démission du parti Les Démocrates (LD). Une décision qu’il justifiait par une « dérive profonde du jeu politique national », selon ses propres termes.
Dans sa vidéo initiale, l’élu dénonçait une perte totale de repères, de valeurs et de règles au sein de la vie politique béninoise. Il parlait d’un système devenu imprévisible, où l’orthodoxie politique aurait disparu.
Mais rebondissement : moins de vingt-quatre heures après, Sounon Boké Soumaila revient sur sa décision. Dans un nouveau message diffusé ce dimanche 16 novembre, il rectifie le tir et affirme rester membre du Parti Les Démocrates.
Il explique son revirement par une querelle interne : « La vidéo qui a circulé hier était due à une dispute dans la deuxième circonscription. Cela m’a poussé à bout », précise-t-il.
Il ajoute que son geste n’avait aucun lien avec le vote de la révision constitutionnelle : « Je n’ai pas voté et je ne faisais pas partie de l’équipe choisie pour voter. »
Le député rassure alors ses militants : « L’honorable Sounon Boké Soumaïla reste toujours membre du Parti Les Démocrates. La flamme allumée par le président Yayi Boni, nous la gardons haute pour redorer le blason de notre démocratie. »
Malaise profond au sein de l’opposition ?
Si l’affaire est officiellement close, elle laisse transparaître un malaise ambiant. Car comment expliquer un tel va-et-vient politique en moins de 24 heures, sans concertation préalable ? Qui conseille réellement les élus ? Qui contrôle la discipline du parti ?
L’impression laissée dans l’opinion est celle d’une formation politique où l’on peut « entrer et sortir » comme dans une épicerie, sans conséquence ni cadre disciplinaire. Une situation qui donne une image de désordre, d’improvisation et de fragilité.
Le leadership de la direction est également pointé du doigt : Les Démocrates doivent-ils revoir leur gestion interne pour éviter ces crises répétées ?
Quel avenir pour Les Démocrates ?
Depuis l’échec à présenter un duo présidentiel et des listes aux dernières communales, les secousses semblent s’enchaîner au sein du parti présidé par l’ancien président Yayi Boni. Démissions, tensions internes, rivalités locales… L’opinion se demande : que se passe-t-il réellement chez Les Démocrates ?
Cette affaire Sounon Boké, même refermée, restera comme un symptôme visible d’une crise de cohésion qui menace l’opposition à un moment crucial de la vie politique nationale.
Soyez le premier à commenter cet article