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AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET RÉÉQUILIBRAGE INSTITUTIONNEL

Porto-Novo : la zone lagunaire et le vaste domaine de Djassin, des opportunités pour accueillir les institutions de l’État et désengorger Cotonou

Porto-Novo : la zone lagunaire et le vaste domaine de Djassin, des opportunités pour accueillir les institutions de l’État et désengorger Cotonou
Capitale politique du Bénin, Porto-Novo dispose d’atouts fonciers et géographiques qui pourraient être valorisés pour accueillir davantage d’institutions nationales et de grandes directions administratives. Une option stratégique pour renforcer le statut de la ville, stimuler son économie et contribuer au désengorgement de Cotonou. Porto-Novo doit-elle continuer à porter le titre de capitale politique du Bénin sans bénéficier d’une implantation plus importante des institutions et des grandes directions de l’État ? La question mérite d’être posée au regard de la concentration des ministères, des administrations centrales et de nombreux services stratégiques à Cotonou. Face à cette situation, la capitale politique dispose pourtant de potentialités qui pourraient être mises à contribution pour engager un rééquilibrage territorial plus ambitieux. La zone lagunaire et le vaste domaine de Djassin constituent, à cet égard, deux pistes à examiner sérieusement dans le cadre d’une politique cohérente d’aménagement du territoire. La zone lagunaire, un potentiel à valoriser La zone lagunaire de Porto-Novo offre des perspectives qui méritent une réflexion approfondie. Convenablement aménagés, les espaces adaptés pourraient contribuer à accueillir de nouvelles infrastructures administratives et institutionnelles, sous réserve des études techniques, foncières et environnementales nécessaires. L’enjeu est de concevoir un développement urbain qui associe modernité, accessibilité et respect de l’environnement. Il ne s’agirait pas simplement d’ériger des bâtiments, mais de créer un cadre fonctionnel, capable de répondre aux exigences d’une administration moderne et d’améliorer l’attractivité de la capitale. Un tel projet pourrait également favoriser le développement des activités économiques, soutenir le commerce local et créer de nouvelles opportunités pour les jeunes et les entrepreneurs. Le vaste domaine de Djassin, une réserve foncière à considérer L’autre atout réside dans le vaste domaine de Djassin, dont la disponibilité et les conditions d’aménagement méritent d’être précisément établies. Si les vérifications foncières et les études de faisabilité le permettent, cet espace pourrait accueillir un pôle administratif regroupant des sièges institutionnels, des directions générales et d’autres services publics. Une planification rigoureuse permettrait d’anticiper les besoins en routes, en transports, en assainissement, en eau et en électricité. L’objectif serait de faire émerger un espace administratif moderne, organisé et accessible, plutôt que de multiplier les implantations sans cohérence d’ensemble. La valorisation de Djassin pourrait ainsi devenir un levier de développement urbain pour Porto-Novo, tout en contribuant à une meilleure répartition des infrastructures publiques sur le territoire national. Quelles institutions pour la capitale politique ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que Cotonou concentre déjà une part importante de l’activité administrative et économique du pays. L’implantation de nouvelles institutions ou de grandes directions dans la capitale économique accentue le débat sur la place réellement accordée à Porto-Novo dans l’organisation territoriale de l’État. Pourquoi ne pas étudier davantage l’installation de services centraux et d’organismes publics dans la capitale politique ? Les institutions concernées devraient naturellement être considérées en fonction de leurs missions, des textes qui encadrent leur localisation et des contraintes propres à leur fonctionnement. La Haute Cour de justice, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), la Cour des comptes ainsi que d’autres organismes pourraient faire partie d’une réflexion globale sur la répartition géographique des institutions nationales. Il ne s’agit pas d’affirmer que ces structures doivent toutes être transférées, mais d’ouvrir un débat fondé sur l’équilibre territorial, l’efficacité administrative et le statut de Porto-Novo. Désengorger Cotonou et dynamiser Porto-Novo Une meilleure répartition des administrations pourrait produire des effets au-delà du seul fonctionnement de l’État. En accueillant davantage de services publics, Porto-Novo pourrait attirer de nouveaux travailleurs, renforcer son marché immobilier, stimuler la restauration, le transport et le commerce, et favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques. Parallèlement, une implantation réfléchie de certaines structures hors de Cotonou pourrait contribuer à réduire la pression sur les infrastructures de la métropole économique, notamment en matière de circulation, de mobilité quotidienne et d’occupation de l’espace urbain. Le désengorgement de Cotonou ne signifie pas pour autant déplacer les difficultés d’une ville vers une autre. Il suppose une politique d’aménagement anticipée, des investissements dans les infrastructures et une répartition équilibrée des fonctions administratives et économiques. Romuald Wadagni attendu sur une vision ambitieuse Le président de la République, Romuald Wadagni, pourrait inscrire cette problématique au cœur d’une réflexion nationale sur l’aménagement du territoire et la modernisation de l’administration. Une orientation favorable au renforcement institutionnel de Porto-Novo constituerait un signal fort en faveur d’un développement mieux réparti entre les principales villes du Bénin. Les autorités municipales, les responsables politiques, les cadres de l’administration et les acteurs économiques ont également leur rôle à jouer. Les partis politiques pourraient donner l’exemple en choisissant d’implanter leurs sièges nationaux à Porto-Novo, contribuant ainsi à renforcer l’animation politique et économique de la capitale. Une telle dynamique nécessiterait toutefois une concertation entre l’État et les collectivités territoriales, ainsi qu’une programmation réaliste des investissements. Porto-Novo mérite une place à la hauteur de son statut La zone lagunaire et le domaine de Djassin représentent des pistes à étudier pour donner un nouvel élan à la capitale politique. Leur valorisation, si elle est techniquement et juridiquement possible, pourrait contribuer à accueillir de nouvelles institutions, à développer des quartiers administratifs modernes et à réduire la concentration des services publics à Cotonou. Au-delà des infrastructures, c’est une question de vision et de cohérence nationale qui se pose. Porto-Novo ne devrait pas être seulement une capitale politique de nom, mais une ville pleinement intégrée au dispositif institutionnel et administratif du Bénin. Le débat est donc ouvert : comment tirer parti des espaces disponibles de Porto-Novo pour mieux répartir les institutions, désengorger Cotonou et renforcer le développement équilibré du pays ? La réponse pourrait contribuer à dessiner une nouvelle ambition pour la capitale politique béninoise.
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