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Bénin / Commune à statut particulier

Porto-Novo, l’âme retrouvée

Porto-Novo, l’âme retrouvée

Capitale politique et joyau historique du Bénin, Porto-Novo renaît après des décennies d’oubli. Entre héritage royal, diversité culturelle et projets de modernisation, la cité lagunaire retrouve sa fierté et s’ouvre de nouveau au monde. Au Sud-Est du Bénin, à 30 kilomètres de Cotonou et à 12 kilomètres du Nigéria, Porto-Novo, la ville aux trois noms Adjatchè pour les Yorubas, Hogbonou pour les Fons, Gouns et Ayizo, et Porto-Novo pour les Portugais se dresse entre lagune et terre ferme. Son nom, adopté au XVIIIe siècle par les explorateurs européens, rappelle la cité portugaise de Porto. Capitale à l’histoire dense, elle est façonnée par un brassage ethnique où dominent Gouns et Yorubas, mais où cohabitent aussi Adjas, Minas, Toffins, Dendis et bien d’autres. Ici, le goungbé, langue vive et taquine, contribue à forger un tempérament impulsif mais non-rancunier, où les tensions s’éteignent autour d’un verre de sodabi et d’un plat épicé. Autrefois puissant royaume fondé par des princes Adjas venus d’Allada, Porto-Novo a vu régner Hufon, Ajohan, Toffa Ier et d’autres souverains avant de devenir protectorat français en 1882. Devenue capitale du Dahomey, puis du Bénin indépendant en 1960, elle abrite aujourd’hui l’Assemblée nationale, la Cour suprême, le Médiateur de la République ainsi que les Archives et la Bibliothèque nationales. La ville conserve un patrimoine exceptionnel : le palais royal Honmè, le musée ethnographique Alexandre Sènou Adandé, la mosquée afro-brésilienne du marché central, le centre Songhaï, ou encore les couvents traditionnels des Zangbéto. Ses rues résonnent encore des rythmes Akonhoun, Adjogan, Djègbé ou Massègohoun, portés par des ballets et groupes locaux. Porto-Novo est aussi la terre d’éminentes figures comme Paul Hazoumé, Sourou Migan Apithy, Adrien Houngbédji, Marcelline Aboh ou encore Samuel Oshoffa, fondateur de l’Église du christianisme céleste. Après des années de stagnation, la capitale connaît un regain grâce aux projets du Programme d’Actions du Gouvernement : asphalte, assainissement pluvial, réhabilitation des maisons afro-brésiliennes, modernisation des marchés Ahouangbo et Ouando, électrification publique et gestion moderne des déchets. Plus de vingt places vodoun ont été rénovées avec l’appui du centre culturel Ouadada et de partenaires internationaux. Aujourd’hui, Porto-Novo s’affirme plus que jamais comme un creuset d’histoire, de culture et de modernité, fidèle à la devise de ses habitants : « Adjatchè koni bajè » – Porto-Novo ne mourra jamais.

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