Dans le nord du Nigeria, plus précisément dans l’État de Kano, une initiative citoyenne prend de l’ampleur face à une réalité préoccupante : les violences basées sur le genre (VBG) dans les transports publics. De nombreuses femmes y subissent quotidiennement harcèlement et insécurité lors de leurs déplacements.
Pour répondre à cette situation, un projet innovant baptisé « Mata Zalla » a vu le jour. Il s’agit d’un service de transport assuré exclusivement par des femmes et destiné uniquement à une clientèle féminine. Les tricycles, facilement reconnaissables à leur couleur rose, offrent un espace plus sûr et rassurant pour les passagères.
Au-delà de la question de la sécurité, l’initiative porte également une ambition sociale forte. Elle vise à autonomiser économiquement les femmes, en particulier les veuves et les divorcées, à travers une formation à la conduite de tricycles. À la clé : une opportunité d’emploi et une source de revenus stable.
Selon la promotrice du projet, Hajiya Hauwa Ahmad Tarauni, cette approche répond à un besoin réel dans un contexte où la mixité dans les transports peut exposer les femmes à des situations inconfortables, voire dangereuses.
Malgré son impact positif, « Mata Zalla » n’a pas été accueilli sans résistance. Dans une société où la conduite de tricycles par des femmes reste inhabituelle, le projet a dû faire face à des réticences sociales. Des actions de sensibilisation ont donc été menées pour favoriser son acceptation et déconstruire les stéréotypes.
Aujourd’hui, le principal défi demeure le financement. Bien que plusieurs femmes aient été formées, beaucoup ne disposent pas des moyens nécessaires pour acquérir un tricycle et démarrer leur activité. La fondatrice appelle ainsi les pouvoirs publics et les partenaires privés à accompagner cette initiative porteuse de changement.
À travers « Mata Zalla », c’est une double lutte qui se dessine : celle pour la sécurité des femmes dans l’espace public et celle pour leur indépendance économique.
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