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Diversité et importance des tubercules au Bénin

Le taro, un trésor agricole sous-exploité

Le taro, un trésor agricole sous-exploité

Au Bénin, le taro occupe une place particulière dans l’agriculture traditionnelle, mais sa production reste limitée et confrontée à de nombreux défis. Bien que ce tubercule offre un potentiel nutritif, médicinal et économique considérable, il demeure une culture négligée, en raison de contraintes techniques, économiques et culturelles.

Une culture riche mais peu exploitée

Le taro est cultivé principalement dans les champs de case et dans les zones humides, où il est apprécié pour sa valeur nutritionnelle. Toutefois, sa culture est moins développée que celle de l’igname, qui reste la star des tubercules béninois en raison de son goût et de sa popularité auprès des populations.

Des obstacles majeurs à la production

La production de taro au Bénin est confrontée à plusieurs difficultés :

- Manque de maîtrise des techniques culturales : De nombreux agriculteurs ne disposent pas des connaissances nécessaires pour optimiser le rendement de cette culture.

- Absence de matériel de reproduction de qualité : Le manque de semences certifiées limite la productivité et la qualité des tubercules.

- Maladies et nuisibles : La pourriture et d’autres affections touchent les plants, surtout dans les zones trop humides.

- Cycle de culture long : Avec une période de production de 10 à 12 mois, le taro reste coûteux et réservé à une consommation relativement luxueuse.

- Contraintes culturelles : La préférence des consommateurs pour l’igname constitue un frein à la demande et donc à la production.

Vers une amélioration de la filière

Pour libérer le potentiel du taro, plusieurs actions sont nécessaires :

- La sélection de variétés à haut rendement et à cycle court afin de réduire le temps de culture et le coût du produit.

- La formation des agriculteurs aux techniques culturales appropriées pour améliorer la productivité.

- La mise à disposition de semences de qualité, élément clé pour des récoltes abondantes et saines.

- Le développement de méthodes de conservation post-récolte pour prolonger la durée de vie du tubercule et réduire les pertes.

Un potentiel encore à exploiter

Malgré les obstacles, le taro représente une richesse agricole sous-exploitée au Bénin. Sa valeur nutritionnelle et ses usages médicinaux, ainsi que son importance économique potentielle, font de ce tubercule un acteur stratégique pour la sécurité alimentaire du pays. Une mobilisation des agriculteurs, des chercheurs et des autorités agricoles pourrait transformer cette culture négligée en véritable atout pour le développement rural.

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