Les relations diplomatiques entre le Bénin et le Niger traversent l’une de leurs zones de turbulences les plus sérieuses de ces dernières années. Entre expulsions de diplomates, suspension d’activités consulaires et accusations croisées, le climat de confiance s’est nettement détérioré, laissant place à un bras de fer aux implications régionales préoccupantes.
Le mercredi 1er janvier, les autorités nigériennes ont officiellement déclaré persona non grata Seidou Imourana, premier conseiller à l’ambassade du Bénin à Niamey. Le diplomate béninois a été sommé de quitter le territoire nigérien dans un délai de 48 heures. Cette décision intervient en réaction à l’expulsion, quelques jours plus tôt à Cotonou, de deux agents de l’ambassade du Niger, accusés par les autorités béninoises d’activités jugées contraires aux usages diplomatiques.
Une réponse diplomatique en chaîne
Dans la foulée de cette décision, l’ambassade du Bénin à Niamey a annoncé la suspension temporaire de ses activités à compter du 5 janvier 2026, évoquant des « circonstances indépendantes de sa volonté ». À Cotonou, les autorités ont toutefois tenu à nuancer la portée de cette annonce, précisant qu’il ne s’agissait pas d’une fermeture définitive de la mission diplomatique, mais d’une mesure de prudence face à la situation actuelle.
Cette succession d’actes diplomatiques marque une escalade notable, révélatrice d’une crise profonde où chaque camp semble privilégier la fermeté à la négociation.
Un contexte sécuritaire et géopolitique sensible
La dégradation des relations entre les deux pays s’inscrit dans un contexte régional déjà fragilisé. Elle survient notamment après la tentative de coup d’État déjouée au Bénin début décembre, épisode ayant ravivé les soupçons de déstabilisation dans la sous-région. Par ailleurs, l’alignement stratégique du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel accentue son éloignement progressif des pays côtiers membres de la Cédéao, dont le Bénin.
Ce repositionnement géopolitique nourrit les incompréhensions et alimente une rhétorique de défiance mutuelle, rendant plus complexes les mécanismes traditionnels de médiation.
Une crise sans issue immédiate
À l’heure actuelle, aucun signal fort ne laisse entrevoir une reprise rapide du dialogue entre Niamey et Cotonou. Les expulsions réciproques et les décisions unilatérales traduisent un gel quasi total des relations diplomatiques. Une situation préoccupante, tant pour la stabilité bilatérale que pour l’équilibre régional, et qui repousse davantage l’espoir d’un apaisement durable entre les deux capitales.
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