Entre interdiction d’exportation, reboisement massif et gestion décentralisée, le Bénin repense sa politique forestière pour la décennie 2023-2032. Objectif : freiner la déforestation et restaurer des milliers d’hectares de forêts, tout en impliquant les communautés locales.
La gestion du bois au Bénin s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique de protection accrue des forêts et de reboisement systématique. Face à la déforestation galopante causée par l’agriculture extensive, les feux de brousse et l’exploitation du charbon de bois, le gouvernement a pris des mesures fortes, notamment l’interdiction d’exporter certains bois et produits dérivés depuis le 20 mai 2024.
Cette décision, saluée par les experts environnementaux, s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique forestière décennale (2023-2032). Celle-ci vise à préserver les ressources forestières, moderniser leur exploitation et encourager la restauration des écosystèmes dégradés. Le programme prévoit le reboisement de 150 000 hectares d’ici 2030 et la formation de pépiniéristes dans tout le pays.
La gestion décentralisée constitue une innovation majeure : les départements et les communes sont désormais associés à la protection et à l’exploitation rationnelle des ressources forestières. Cette approche, bien qu’ambitieuse, nécessite une coordination rigoureuse pour éviter les dérives politiques ou administratives.
Sur le terrain, des initiatives locales se multiplient. Dans la forêt classée de Dan, par exemple, les communautés s’impliquent directement dans la restauration des espaces détruits, soutenues par les services forestiers et les partenaires techniques.
Cependant, les défis demeurent nombreux : manque de transparence dans la gestion des taxes forestières, faiblesse de la gouvernance locale et persistance de pratiques informelles d’exploitation. Le secteur forestier traditionnel, encore peu structuré, se heurte à la limitation des droits d’usage et à la faible valorisation économique du bois.
Selon plusieurs études, si le bois d’œuvre reste disponible, la pénurie de bois de service pourrait s’aggraver dans les prochaines années sans une stratégie d’adaptation efficace. Des programmes de recherche sur le teck, essence phare du reboisement au Bénin, sont déjà en cours pour anticiper cette évolution.
La politique forestière béninoise se veut donc un modèle d’équilibre entre exploitation raisonnée et préservation durable. En alliant engagement communautaire, innovation et coopération internationale, le Bénin trace la voie d’une gestion du bois respectueuse de la nature et tournée vers l’avenir.
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