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Ressources minières au Bénin

L’or, un potentiel encore sous-exploité

L’or, un potentiel encore sous-exploité

Bien que le Bénin dispose d’indices aurifères sur son territoire, l’or n’y est toujours pas exploité à une échelle industrielle. Le pays joue davantage le rôle de plaque tournante pour le métal précieux de ses voisins que celui de véritable producteur.

Une production locale marginale

Depuis plusieurs décennies, l’exploitation artisanale de l’or existe dans certaines zones, notamment à Perma, dans le département de l’Atacora. Toutefois, cette activité reste marginale et informelle. Entre 2012 et 2019, la production nationale annuelle s’est limitée à 2 à 7 kilogrammes, selon la Direction générale des Mines et un rapport de l’ONG SWISSAID. Ces chiffres témoignent de l’écart entre le potentiel aurifère du pays et sa mise en valeur effective.

Le Bénin, pays de transit

Dans la pratique, l’essentiel des exportations d’or béninoises provient d’importations clandestines en provenance des pays voisins. Ces flux informels échappent en grande partie au contrôle de l’État, car commerçants et orpailleurs privilégient des circuits parallèles pour éviter taxes et redevances.

Entre 2012 et 2021, les exportations officielles du Bénin ont oscillé entre 7,27 et 13,17 tonnes, avant de chuter à 2,90 tonnes en 2022. Cependant, SWISSAID souligne que l’origine exacte de cet or reste difficile à tracer.

Des écarts préoccupants

L’ONG suisse a mis en évidence un décalage significatif entre les chiffres rapportés par le Bénin et ceux enregistrés par ses partenaires commerciaux. Sur la période 2013-2022, l’écart cumulé atteindrait 18,20 tonnes, pour une valeur estimée à 4,41 milliards USD. Ces données laissent penser à une sous-déclaration volontaire ou à des pratiques opaques dans le circuit de l’or.

Un potentiel encore à concrétiser

Au-delà de l’or, le sous-sol béninois recèle d’autres ressources minérales, comme le calcaire, le marbre, le nickel, le lithium, le rutile ou encore le zircon. Le gouvernement ambitionne de transformer ces indices en opportunités économiques.

Des initiatives sont annoncées pour attirer des investissements étrangers et doter le pays d’infrastructures modernes capables de soutenir une exploitation minière durable et industrielle.

Pour l’heure, le Bénin demeure un acteur périphérique du secteur aurifère africain. La concrétisation de ses ambitions dépendra de la capacité des autorités à réguler l’exploitation artisanale, assainir les circuits commerciaux et créer un environnement incitatif pour les investisseurs.

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