Indispensable pour l’éclairage, la cuisine ou certains usages domestiques, le kérosène communément appelé pétrole blanc demeure l’un des produits pétroliers les plus coûteux au Bénin. Alors que sa consommation concerne surtout les ménages modestes, son prix ne cesse de grimper, au point d’en devenir inaccessible. Pourquoi cette flambée ? Quels impacts sur les populations ? Enquête.
Un produit rare et de plus en plus cher
Le kérosène occupe une place particulière dans la consommation énergétique des ménages béninois, notamment dans les zones rurales. Pourtant, malgré son rôle crucial, son prix reste élevé. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
Une disponibilité limitée : Le kérosène est souvent importé en faibles quantités. Cette rareté alimente la hausse des prix sur le marché local.
Une forte pression fiscale : Comme les autres carburants, il supporte d’importantes taxes notamment la TVA et des prélèvements spécifiques qui gonflent le prix à la pompe.
La dépendance au marché mondial : Les variations du prix du pétrole brut influencent directement le coût du kérosène, rendant le produit très sensible aux fluctuations internationales.
L’impact de la contrebande : Le carburant en provenance du Nigeria, longtemps moins cher, est devenu plus coûteux depuis la réforme des subventions dans ce pays. Cette situation perturbe le marché béninois et renchérit même le kérosène issu de la contrebande.
Les coûts logistiques : Le transport et la distribution du kérosène, surtout vers les zones éloignées, ajoutent des charges supplémentaires répercutées sur les consommateurs.
Où se procurer du kérosène au Bénin ?
Contrairement à l’essence ou au gasoil, le kérosène est souvent vendu dans des circuits parallèles ou semi-formels :
Dans certains marchés urbains ou ruraux, où des revendeuses proposent du pétrole blanc destiné à l’éclairage ou au chauffage domestique.
Dans les stations-service, notamment dans les grandes villes comme Cotonou, même si sa disponibilité n’est pas toujours garantie.
Auprès de la Société nationale des hydrocarbures du Bénin (SNH-Bénin), qui assure une partie de la distribution officielle.
Le kérosène utilisé pour l’éclairage ou les poêles domestiques ne transite pas par les mêmes circuits que les produits pétroliers destinés au transport aérien ou industriel. Il s’agit d’un commerce essentiellement local, loin des marchés mondiaux, mais qui reste fortement dépendant des importations.
Un produit vital pour les ménages modestes
Pour de nombreuses familles, particulièrement dans les zones rurales non électrifiées, le pétrole blanc demeure :
une source d’éclairage, via les lampes-tempêtes ;
un moyen de cuisson, en l’absence de gaz ou d’électricité ;
un combustible pour le chauffage d’appoint.
Quand les prix augmentent, ce sont donc les ménages les plus démunis qui en paient le plus lourd tribut. Certains sont contraints de réduire leur consommation ou de se tourner vers des produits de qualité douteuse, issus de circuits informels.
Quels enjeux pour l’avenir ?
Face à la hausse continue du kérosène, la question de l’accès à l’énergie se pose avec acuité. Les associations de consommateurs appellent à :
une réduction de certaines taxes pour alléger le coût final ;
un meilleur contrôle de la distribution pour éviter les ruptures ;
la promotion d’alternatives plus économiques, comme le gaz domestique (GPL), déjà en expansion dans les centres urbains.
Garantir un accès abordable au kérosène revient à protéger les ménages vulnérables, encore dépendants de ce combustible pour leurs besoins essentiels.
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