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Reconnaissance du travail invisible

Femmes ménagères : la richesse cachée du Bénin

Femmes ménagères : la richesse cachée du Bénin

Longtemps relégué au second plan, le travail domestique non rémunéré des femmes béninoises constitue pourtant le socle du fonctionnement des familles et un pilier silencieux de l’économie nationale. Entre invisibilité statistique et absence de reconnaissance sociale, la question s’impose désormais dans le débat public : comment valoriser ces millions d’heures de travail qui soutiennent la nation entière ?

Le travail domestique, assuré en grande majorité par les femmes, demeure au cœur de la vie économique et sociale du Bénin. Pourtant, il reste largement ignoré et non rémunéré. Préparer les repas, nettoyer la maison, s’occuper des enfants et des personnes âgées : ces activités quotidiennes, bien qu’essentielles, échappent aux radars de la comptabilité nationale.

Selon des ateliers récents organisés à Cotonou, ce travail invisible représente un apport considérable à l’économie béninoise. Les femmes qui prennent en charge ces tâches permettent à d’autres d’exercer des emplois rémunérés et aux enfants de suivre une scolarité stable. Une contribution silencieuse, mais indispensable au bon fonctionnement de la société.

Pourtant, cette charge repose de manière écrasante sur les épaules féminines. À Cotonou comme dans les autres grandes villes, les femmes actives doivent concilier obligations professionnelles et familiales, souvent sans accès à des services ménagers abordables ni équipements adaptés. Ce double fardeau freine leur épanouissement professionnel et leur accès à des postes mieux rémunérés.

Face à ce constat, plusieurs initiatives visent à sortir ce travail de l’ombre. Le projet Counting Women’s Work (CWW), par exemple, milite pour que la valeur du travail domestique soit reconnue et intégrée dans les politiques publiques.

Lors d’une récente rencontre parlementaire, le premier secrétaire de l’Assemblée nationale, Mahougnon Kakpo, représentant le président du Parlement, a rappelé les limites du produit intérieur brut (PIB), qui « n’intègre pas le travail domestique non rémunéré ni les soins qui l’accompagnent ». Pour lui, « reconnaître et protéger ce travail, c’est rétablir une forme de justice économique et sociale ».

Il a appelé à bâtir une économie béninoise plus équitable, fondée sur l’équité intergénérationnelle, où chaque contribution qu’elle soit marchande ou non trouve sa place et sa valeur.

Selon les estimations du Consortium régional pour la recherche en économie générationnelle (CREG), près de 38 % du revenu total du travail au Bénin proviendrait du travail domestique non rémunéré. Une richesse invisible qui mérite désormais d’être comptabilisée, valorisée et protégée, pour que celles qui la portent cessent enfin d’être les grandes oubliées de la croissance.

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