Au cœur du Bénin, Dassa-Zoumè se dresse fièrement sur ses 41 collines. Ville d’histoire, de culture et de spiritualité, elle est le chef-lieu du département des Collines depuis 2016. Entre héritage royal, sites touristiques et modernisation progressive, la cité béninoise dévoile toutes ses richesses.
La capitale des Collines
Située à 209 kilomètres de Cotonou, Dassa-Zoumè anciennement appelée Igbo Idaascha s’étend sur un territoire de 1 711 km² pour plus de 110 000 habitants. Devenue chef-lieu du département des Collines le 22 juin 2016, elle abrite la Préfecture et occupe une position stratégique au centre du pays. La commune est entourée de Glazoué au Nord, Zagnanado et Djidja au Sud, Savè et Kétou à l’Est, et Savalou à l’Ouest.
Administrativement, Dassa-Zoumè compte dix arrondissements : Akoffodjoulè, Dassa I, Dassa II, Gbaffo, Léma, Kèrè, Kpingni, Paouingnan, Soclogbo et Tré. Depuis les élections du 17 mai 2020, la gestion de la commune est confiée au maire Nicaise Kotshami Fagnon, reconduit pour un nouveau mandat parmi les 31 conseillers communaux.
Une histoire enracinée dans la tradition yoruba
Fondée au XIVe siècle après le déclin de l’empire d’Oyo, Dassa-Zoumè doit son existence à la migration des Omondjagou dirigée par le prince Oladégbo. Ce dernier parvint à unifier son peuple avec les premiers Yoruba installés au pied des collines. De cette alliance naquit le royaume d’Igbo Idaascha, dirigé entre 1385 et 1425 par Oladégbo devenu le roi Djagou Olofin.
Deux récits se partagent encore l’origine du nom « Idaascha ». L’un évoque Daïssa, fille du souverain, devenue reine en 1425. L’autre, plus crédible historiquement, rattache l’appellation à « Orisha » (Dieu), « Ida » (créature) et « Igbo » (forêt), soit « la créature de Dieu dans la forêt ». Aujourd’hui encore, la monarchie subsiste. Le roi Djagou Affoman, Djagou Egbakotan II, règne comme 26e souverain du royaume.
Une destination touristique et spirituelle majeure
Avec ses 41 collines et son relief façonné par l’érosion du socle précambrien, Dassa-Zoumè offre un panorama remarquable. La ville est également réputée pour ses lieux culturels et religieux :
Les vestiges de l’Institut du Ifa, dont les collines portent encore les 16 signes sacrés gravés sous le règne du roi Djagou Adjiboyé (1629-1642).
La célèbre grotte mariale d'Arigbo, sanctuaire catholique dédié à la Vierge Marie depuis le 11 février 1954, qui accueille chaque année des milliers de pèlerins venus du monde entier.
Ces sites témoignent de la cohabitation harmonieuse entre croyances traditionnelles et foi chrétienne, faisant de Dassa-Zoumè un haut lieu de spiritualité au Bénin.
Une modernisation progressive
Depuis 2016, la commune bénéficie d’investissements importants du gouvernement béninois. Une attention particulière a été portée à l’accès à l’eau potable, un défi majeur dans cette zone rocheuse. Le système sanitaire local a également été renforcé, notamment par l’acquisition d’une ambulance moderne pour les évacuations d’urgence.
Entre tradition et dynamisme, Dassa-Zoumè continue d’écrire son histoire, fière de son identité et tournée vers l’avenir.
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