Terre rouge des Mahi et capitale béninoise du Kluiklui Takinon, Covè est un haut lieu de traditions, de gastronomie et de croyances. Entre la forêt sacrée de Bossikpon, les rythmes du Sato et la créativité des sculpteurs de masques Guèlèdè, cette commune du Zou mêle mystère, culture et modernité.
Située à une quarantaine de kilomètres d’Abomey, la commune de Covè, dirigée par le maire Auguste Ayihounhin, est l’une des quatre communes formant la région d’Agonlin. Elle s’étend sur 525 km² et regroupe 36 villages et quartiers répartis dans huit arrondissements : Adogbé, Gounli, Houèko, Houen-Hounso, Laïta-Cogbé, Naogon, Soli et Zogba. Arrosée par les cours d’eau Lélé, Towé, Laha, Loto ou encore Fionzoun, Covè est un territoire fertile et riche d’histoire.
Bossikpon, la forêt qui commande le respect
L’un des récits fondateurs de Covè est celui de la forêt sacrée de Kponzoun, protégée par la divinité Bossikpon. Selon la légende, lors de la colonisation, un projet de route devait traverser cette forêt. Mais les colons, ayant ignoré les avertissements des dignitaires, disparurent mystérieusement dans une flaque d’eau au cœur du bois. Depuis, quiconque tente de braver les interdits de Bossikpon s’expose à sa colère : désorientation, métamorphose en animal, ou autres châtiments mystérieux. Ce mythe, transmis de génération en génération, a permis de préserver ce sanctuaire naturel jusqu’à nos jours.
La capitale du Kluiklui Takinon
Au-delà de ses mythes, Covè est surtout célèbre pour sa gastronomie. Ici, le Kluiklui Takinon beignet d’arachide pimenté est roi, tout comme le Azinmi (huile d’arachide), le Tomin logoué (plat de maïs frais), le Bigo ou encore le Wo flé flé, pâte de la veille mijotée dans une sauce chaude. Ces spécialités s’exportent dans tout le Bénin, faisant de Covè une véritable championne de l’art culinaire local.
Rites, masques et rythmes sacrés
Covè demeure un bastion des valeurs traditionnelles. Le culte de Bossikpon y côtoie ceux de Dovo, Sakpata, Hèviosso, Ninsouhoué, Kininsi et Abikou. Les sculpteurs y taillent des masques Guèlèdè remarquablement expressifs, véritables œuvres vivantes qui, dit-on, se querellent la nuit si mal entreposés.
À Houin, le rythme Lomba, popularisé par le chanteur Gbemahonmèdé, fait vibrer les cérémonies. Le Sato, réservé aux orphelins, impressionne par la puissance de son tam-tam vertical géant, taillé dans un tronc d’arbre et frappé de baguettes selon l’origine des danseurs.
Terre de talents et de mémoire
Covè est aussi la terre natale d’artistes et de figures connues : Ignace Yetchénou alias Baba Olou ou Togbo, Fadji Missinhoun (H.2.0), ainsi que les personnalités politiques Hervé Hèhomey, Aké Natondé et Janvier Yahouédéou.
La commune conserve par ailleurs des sources thermales naturelles à 36 °C, idéales pour la détente, et le palais du roi Zéhè d’Agonlin, qui attire curieux et visiteurs.
Modernité et développement
Grâce au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2016–2021), Covè a bénéficié de projets structurants : le bitumage des routes Covè–Banamè, Zagnanado–Banamè–Paouignan et Koguédé–Za-Kpota, ainsi que le renforcement du système d’alimentation en eau potable financé par le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe.
Entre traditions préservées, gastronomie réputée et ouverture au développement, Covè illustre la parfaite alliance entre héritage culturel et modernité béninoise. Terre d’histoire et de saveurs, la commune continue de faire parler d’elle… et de son fameux Kluiklui Takinon.
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