Située à environ 623 km au nord de Cotonou et à 150 km de Parakou, Sinendé est une commune du département du Borgou qui fascine autant par son patrimoine naturel que culturel. Avec ses 91 672 habitants répartis sur 2 289 km², elle représente près de 8,85 % de la superficie du Borgou et 2 % du territoire national, selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2013.
La commune compte 43 villages et quartiers organisés en quatre arrondissements : Sinendé, Sikki, Sèkèrè et Fô-Bourè. Les Batombou y constituent l’ethnie majoritaire (59,9 %), suivis des Peuhl (35,3 %). D’autres groupes comme les Otamari, Yoruba, Nago, Dendi, Fon, Adja, Yom et Lokpa complètent le tableau démographique. La population est majoritairement musulmane (58 %), avec 11,1 % pratiquant des religions endogènes et 9,7 % se réclamant du christianisme.
Administrée par le maire Bio Kouri SANNI depuis le début de la quatrième mandature de l’ère de la décentralisation, Sinendé est bordée au nord par Gogounou, au sud par N’Dali, à l’est par Bembèrèkè et à l’ouest par Ouassa-Péhunco et Djougou. L’agriculture reste la principale source de revenus de ses habitants. La commune se distingue par la production du maïs et du coton, mais aussi du soja, sorgho, igname et mil. Sinendé se classe au premier rang départemental pour le maïs et l’or blanc, et cinquième au niveau national pour le coton. Le commerce, l’artisanat et l’élevage complètent l’économie locale.
Sinendé possède également un potentiel touristique remarquable, encore peu exploité. La tanière du lion à Fô-Bouko, les collines et grottes de Bouro-Kpérou, ainsi que la marre sacrée de Dia-Dia et celle des caïmans fétiches à Sèkèrè sont autant d’atouts. Ces caïmans, considérés comme des dieux de la fertilité, sont aujourd’hui menacés par le braconnage et d’autres pressions environnementales.
Le patrimoine culturel de la commune se manifeste également à travers des événements comme la fête Gaani, symbole de l’empire Baru Tem, dont Sa Majesté Yawa Kina II est le chef. Cette célébration met en valeur les artistes locaux, dont le célèbre griot Barasuno, sacré ambassadeur de la musique béninoise en 2020 lors des FESCU-GV Awards.
La gastronomie locale est un autre élément de fierté culturelle. De l’igname pilée à la sauce « Kounonkou » (ou « fonman »), à la pâte de maïs accompagnée de « Kobusa » ou « Konkororou », en passant par le « Bokou » à la sauce arachide, chaque plat est l’expression de traditions transmises de génération en génération.
Sur le plan du développement, Sinendé bénéficie du Programme d’Actions du Gouvernement du président Patrice Talon. La route Guessou-Sud-Fô Bouré-Sinendé, longue de 59 km et financée à hauteur de 60 milliards de francs CFA, est un exemple majeur. Écoles, centres de santé, infrastructures marchandes, aires de stockage pour productions agricoles et disponibilité des intrants sont autant de réalisations qui contribuent au bien-être des populations.
Enfin, la commune est représentée au plan national par des personnalités telles que l’honorable Yaya Akibou, député de la huitième législature, et feu Abdoulaye Toko Yarou, ancien maire. La vie politique locale repose sur dix-neuf conseillers communaux, dont le maire Bio Kouri SANNI.
Sinendé, entre traditions, agriculture prospère et initiatives de développement, se présente aujourd’hui comme un joyau à la fois culturel et économique du Borgou, encore trop méconnu et porteur d’un immense potentiel pour l’avenir.
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