L’Université d’Abomey-Calavi a enregistré, ce lundi 8 février 2026, un nouvel expert en sciences sociales. Alexandre Coffi Gbètondji Kokoun a brillamment soutenu sa thèse de doctorat en socio-anthropologie de la santé et des croyances populaires, consacrée aux facteurs socioculturels expliquant la réticence au don de sang dans la commune de Tori-Bossito.
Ce lundi 8 février 2026 restera une date mémorable dans le parcours académique d’Alexandre Coffi Gbètondji Kokoun. Devant un jury international de haut niveau, le désormais Docteur en socio-anthropologie de la santé et des croyances populaires a soutenu avec succès sa thèse de doctorat à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC).
Intitulé « Représentations sociales et croyances populaires liées à la réticence au don de sang à Tori-Bossito », le travail de recherche s’est penché sur les déterminants sociolinguistiques, culturels et symboliques qui freinent l’adhésion des populations locales au don de sang, pourtant vital pour le système de santé.
Une recherche solidement encadrée
Cette thèse a été conduite sous la direction du Docteur Coovi Raymond Assogba, Maître de Conférences des Universités, avec la co-direction du Docteur Lucien Agbandji, également Maître de Conférences. Ensemble, ils ont accompagné le doctorant dans une réflexion approfondie visant à décrypter les logiques sociales, culturelles et communicationnelles entourant le sang et sa transfusion.
Hypothèses et axes d’analyse
Les travaux reposent sur plusieurs hypothèses majeures, notamment le poids des représentations sociales de la transfusion sanguine, l’influence des croyances traditionnelles liées au sang, ainsi que les usages culturels façonnant la perception populaire du don. Le phénomène dit « gay », évoqué dans l’imaginaire local, apparaît également comme un facteur accentuant la méfiance et la réticence observées au sein des communautés étudiées.
Selon l’auteur, ces éléments traduisent des logiques profondes de pratiques et de comportements sociaux qui entravent l’acceptation du don de sang à Tori-Bossito.
Méthodologie rigoureuse et résultats probants
Pour mener à bien cette étude, Alexandre Coffi Gbètondji Kokoun a adopté une approche méthodologique mixte, combinant méthodes qualitatives et quantitatives. Les données ont été recueillies auprès d’un échantillon de 307 personnes, sélectionnées à partir de techniques d’échantillonnage probabilistes et non probabilistes.
Les résultats mettent en lumière deux principaux leviers de résistance au don de sang :
un déficit de communication et de transparence concernant les modalités de collecte et l’utilisation ultérieure du sang ;
le poids des croyances religieuses et des représentations traditionnelles, associant le sang à des dimensions mystiques, vitales ou dangereuses.
Des représentations sociales profondément ancrées
L’étude révèle que le sang est perçu comme un symbole puissant de vie, de force et d’identité. Sa transfusion est souvent assimilée à une pratique risquée, susceptible de transmettre maladies, malédictions ou esprits maléfiques. Ces représentations sociales, fortement enracinées dans la culture locale, constituent un frein majeur à la promotion du don volontaire de sang.
Un jury international de haut rang
La soutenance s’est déroulée devant un jury prestigieux présidé par le Professeur Charles Lambert Babadjidé, Professeur Titulaire à l’Université d’Abomey-Calavi. Il était entouré du Professeur Koffi Kpotcho de l’Université de Lomé (Togo), de Jérôme N’Cho Kpatta, Maître de Conférences à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire, et du Docteur Apollinaire D. Gnanvi, Maître de Conférences à l’UAC.
Les rapporteurs de la thèse étaient les Docteurs Coovi Raymond Assogba et Lucien Agbandji.
Des recommandations pour une meilleure acceptabilité du don de sang
Au terme de ses travaux, le nouveau docteur recommande une approche participative et contextualisée pour améliorer l’acceptabilité du don de sang. Il préconise le renforcement de la communication, une meilleure transparence dans la gestion du sang collecté, ainsi qu’une prise en compte effective des croyances et représentations traditionnelles. La collaboration avec les leaders communautaires, religieux et tradipraticiens apparaît également essentielle pour instaurer une véritable culture du don de sang à Tori-Bossito.
Une distinction méritée
À l’issue de cette soutenance jugée brillante, le jury a décerné à Alexandre Coffi Gbètondji Kokoun la mention Très Honorable avec félicitations des membres du jury, saluant la qualité scientifique du travail et la clarté de la défense.
Une consécration académique qui ouvre la voie à des contributions majeures en matière de politiques de santé publique et de recherche socio-anthropologique au Bénin.
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