Sur BBC Afrique, le président du groupe parlementaire Union Progressiste le Renouveau, Aké Natondé, a défendu les amendements constitutionnels récemment adoptés par l’Assemblée nationale. À ses yeux, ces ajustements répondent à une nécessité institutionnelle et visent à renforcer la stabilité politique sans remettre en cause les acquis démocratiques du Bénin.
Une modernisation attendue après trois décennies d’expérience
Invité de l’émission Le Débat sur BBC Afrique, Aké Natondé a rappelé que la Loi fondamentale de 1991 n’avait été retouchée qu’une seule fois en 35 ans. Selon lui, le pays a suffisamment mûri pour adapter certaines règles à la réalité politique actuelle.
« En trente-cinq ans, le Bénin a pu capitaliser sur son expérience institutionnelle. Il était temps d’en tirer les enseignements », souligne-t-il.
Ces révisions auraient ainsi pour objectif d’améliorer le fonctionnement de l’État et la continuité des politiques publiques.
Mandats allongés : plus de temps pour mener les projets à terme
Parmi les évolutions majeures :
le passage du mandat présidentiel de 5 à 7 ans,
l’alignement de la durée des mandats des députés et élus locaux sur ce même cycle.
Une manière, selon le député, d’offrir davantage de visibilité aux réformes de développement et d’éviter les successions trop rapides d’échéances électorales. Il insiste toutefois :
La mesure « ne concerne ni de près ni de loin le mandat en cours du président Patrice Talon », dont la fin reste fixée à 2026.
Un Sénat d’arbitrage pour prévenir les crises institutionnelles
Autre innovation notable : la création d’une chambre haute non élective.
Ce Sénat, constitué d’anciens chefs d’État, d’anciens dirigeants d’institutions et de représentants des forces de défense et de sécurité, ne légiférera pas. Sa mission principale consistera à faciliter l’arbitrage en cas de divergences entre le gouvernement et l’Assemblée nationale.
Pour Aké Natondé, il s’agit d’un mécanisme destiné à « apaiser » la vie politique et à éviter les blocages observés par le passé.
Trêve politique : freiner les campagnes précoces, pas le débat démocratique
La réforme introduit également une trêve politique interdisant les compétitions électorales avant la dernière année des mandats.
Objectif : mettre un terme aux campagnes permanentes, souvent synonymes de tensions et de dérapages.
Le député rassure néanmoins :
« Le débat d’idées, la critique politique et les manifestations citoyennes restent pleinement garantis ».
« Notre démocratie sort plus forte »
Face aux inquiétudes d’une partie de l’opinion sur un glissement autoritaire, Aké Natondé réaffirme la solidité du système démocratique béninois :
« La réforme n’affaiblit aucune institution de contrôle. La Cour constitutionnelle garde l’intégralité de ses pouvoirs. La démocratie béninoise n’est pas affaiblie. Elle se renforce. »
Pour lui, cette révision est une étape de consolidation, non un recul.
Soyez le premier à commenter cet article